Carlos militant

Le deuxième homme qui parlait à l’oreille des riches

Posté par carlosmilitant le 30 septembre 2009

Une fois n’est pas coutume, ma plume volera au secours d’un libéral pas assez souvent reconnu à sa juste valeur par ses contemporains. Il s’agit de Bernard Clerfayt, Bourgmestre empêché de Schaerbeek et Secrétaire d’Etat à la lutte contre la fraude fiscale au sein du Gouvernement Fédéral. D’aucuns ont eu le tort de ne voir en lui que l’heureux bénéficiaire d’un concours de circonstances, à savoir le prodigieux écho de la vox populi (que les esprits chagrins mais pas latinistes pourraient traduire par « voix populiste ») résonnant contre Laurette Onkelinx lors des communales 2006, qui lui a conféré une envergure dont il ne disposait pas jusqu’alors.

Le passage de Bernard Clerfayt ce lundi 28 septembre sur les ondes de la Première m’a conforté dans l’idée qu’il était autre chose que le ponctuel récipiendaire de l’animosité savamment entretenue contre une candidate-bourgmestre dont on craignait le manque de disponibilité inhérent à ses fonctions ministérielles. Sa prestation radiophonique a été éminemment convaincante. Ainsi, il a été particulièrement crédible en grand défenseur de l’écologie plaidant les bienfaits d’une fiscalité environnementale intrinsèquement bénéfique qui aurait de surcroît vocation à supplanter les actuelles très inadéquates modalités d’imposition sur les revenus.

voitures

Laissons un instant l’ironie de côté. En proposant d’augmenter les accises sur les carburants, le maïeur empêché de la Cité des ânes sait que c’est les classes populaires qui seront principalement mises à contribution. Certes, il aura beau jeu de surfer sur la vague écologiste et de dire qu’il ne fait qu’apporter sa modeste contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Il n’empêche que la réalité que Bernard Clerfayt est loin d’ignorer est que ce sont les ménages qui ont les plus faibles revenus qui disposent des véhicules les plus polluants (ils en changent moins souvent et ne disposent pas toujours du capital culturel leur permettant d’être aisément sensibilisés à la nécessité de réduire leur consommation). Par ailleurs, dévoilant sans surprise sa filiation intellectuelle avec Didier Reynders, le Secrétaire d’Etat effectue une charge en règle contre la taxation prétendument trop élevée des revenus du travail.  Ce qu’il oublie sciemment de dire c’est que la progressivité actuelle de l’impôt sur les personnes physiques (les plus haut revenus paient plus d’impôt) constitue une garantie de redistribution des richesses et donc de justice sociale. Ce que le Bourgmestre « en titre » de Schaerbeek  omet de mentionner c’est que les tranches progressives d’imposition des revenus telles qu’elles existent aujourd’hui sont bien moins inégalitaires que d’autres impôts comme la TVA ou les accises. En promouvant la substitution graduelle de la fiscalité sur le travail par la fiscalité environnementale, l’objectif recherché par Bernard Clerfayt est ni plus ni moins de faire glisser une partie de la pression fiscale s’exerçant aujourd’hui sur les hauts revenus vers les moins nantis.

La stratégie du MR est limpide : faire monter Bernard Clerfayt sur l’enjeu de la fiscalité en lieu et place d’un Didier Reynders affaibli (suites du Fortisgate, contestation interne,…). Il faut le dire : le plus libéral des FDF tire plutôt bien son épingle du jeu. En saupoudrant de considérations environnementales les préceptes de son maître à penser en matière de fiscalité, Bernard Clerfayt réussit presque à nous faire prendre des vessies libérales pour des lanternes écologistes. Quel dommage qu’il ne fasse pas beaucoup d’efforts pour être aussi convaincant pour ce qui est de la lutte contre la fraude fiscale, compétence ministérielle pour laquelle il a été jusqu’à  renier l’engagement contracté vis à vis des Schaerbeekois d’être leur bourgmestre à plein temps.

Publié dans Belgique | 9 Commentaires »

Petite pub-copinage…

Posté par carlosmilitant le 17 septembre 2009

… juste pour vous annoncer la naissance du petit JIM: le Journal Indépendant et Militant.

Il est né au mois d’août, mesure 12 rubriques et pèse 13 articles et quelques centaines de brèves…!

2tours

Publié dans Belgique | 1 commentaire »

Quand les chiens de garde du capitalisme financier se remettent à aboyer…

Posté par carlosmilitant le 22 août 2009

L’interview (1) de Bruno Colmant, accordée récemment au Vif avant de quitter son poste à la tête de la Bourse de Bruxelles, est riche d’enseignements quant à l’état d’esprit actuel des zélateurs du capitalisme financier le plus débridée. Alors que dans les mois qui ont suivi l’intervention étatique dans certains groupes bancaires en difficultés, le secteur de la finance, confronté à une crise sans précédent, souscrivait momentanément à la nécessité de réglementer davantage le capitalisme financier, il semble que la soif de profit recommence à l’emporter sur la raison. Le profil bas adopté au début de la crise est peut-être bien révolu.

bourse de bruxelles

Mais qu’a donc confié au Vif ce magnifique spécimen de requin de la haute finance se demanderont les plus caustiques et les plus curieux des visiteurs de ce blog ? A la question relative aux plantureux et polémiques superbonus octroyés par les banques aux traders dans un contexte économique difficile, monsieur Colmant, ex-membre de la direction d’ING et sur le point de passer à Fortis Holding, prend évidemment la défense des professionnels de la spéculation financière : “les traders ont une fonction importante dans l’économie : ils font circuler le capital. Or, si le capital est mobile et délocalisable, les traders le sont aussi. Raisonner selon une logique purement nationale est donc fragile. Dans le cadre d’économies ouvertes, un pays qui aurait une vision trop coercitive en la matière ferait probablement fuir les traders et les centres de décision.” Surtout ne pas faire de peine à ces talentueux traders dont l’apport est tellement bénéfique pour le développement économique de notre pays car sinon il vont être contraints d’aller monnayer leurs talents sous des cieux plus rémunérateurs. La sempiternelle menace de délocalisation dans le cadre de l’économie mondialisée peut donc être utilisée aussi pour protéger les revenus des traders. Sur le même thème, l’ancien Directeur de Cabinet du Ministre des Finances vante les vertus de la transparence : «…la transparence suscite une autodiscipline. Elle crée un sain débat, notamment dans la presse, et pousse les gens à être attentifs et à éviter les comportements outranciers. L’économie de marché, de manière naturelle, suscite de la discipline mais exige de la clarté ».  Surtout pas de nouvelles règles, la transparence et l’autodiscipline suffisent. Cet anti-étatisme primaire est pourtant aujourd’hui battu en brèche par beaucoup d’économistes comme notamment Etienne de Callatay, « chief economist » à la Banque Degroof qui dans un récent ouvrage (2) met en exergue les limites de l’autodiscipline et de la seule transparence. Bruno Colmant est clairement un ultra-libéral convaincu qu’il faut faire une confiance absolue au marché. C’est sur que le marché a admirablement bien réagi, par lui-même, à l’éclatement de la crise du crédit immobilier américain. Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut voir !

Le nouveau numéro 2 du holding Fortis fait part en guise de conclusion de l’interview de sa vision de l’avenir économique qui n’est pas grand chose d’autre qu’une apologie de la précarité: “De grands défis. Ce sera une économie marchande beaucoup plus dure et exigeante, un monde plus individualiste, où l’aspect providentiel des états sera moins présent. …Les gens vont devoir vivre dans un monde plus incertain, plus précaire, dans lequel ils devront davantage compter sur eux-mêmes. Ceux qui croient dans le retour à une économie sécurisée sont complètement dans l’erreur”. Ainsi, après avoir effectué un vibrant plaidoyer en faveur des intérêts de sa caste politico-financière, Bruno Colmant promet du sang et des larmes aux travailleurs. Ce monument d’arrogance et de cynisme a au moins le mérite d’être sincère contrairement à d’autres qui font des beaux discours sur la nécessité de moraliser le capitalisme et dont l’objectif est de maintenir dans sa quasi intégralité le système existant.

Il est urgent pour les forces de gauche d’organiser une riposte, maintenant que l’opinion publique est encore majoritairement favorable à l’imposition de normes contraignantes, avant que la logique du « business as usual » l’emporte définitivement. Il importe de prendre des mesures pour imposer davantage la spéculation boursière et plus particulièrement les plus-values à court-terme, symbole par excellence de l’économie-casino. De manière plus globale, dans ce contexte de crise, les progressistes doivent impérativement se réapproprier le débat et remettre différents enjeux en avant : réduction du temps de travail, meilleure répartition des richesses, renforcement de l’initiative publique dans l’économie,….

(1) http://m.levif.be/fr/economie/moraliser-le-systeme-financier-non-sens-colmant/feed-1184698259868.htm?cmSection=1651&cmArticle=48707&layout=LeVifMobileCmArticle&cmSite=12

(2) DE CALLATAY (E.), Les confessions d’un économiste ordinaire. Comprendre la crise financière pour en tirer les leçons, Roularta Books, 2009.

Publié dans Belgique | 2 Commentaires »

Lever le voile sur les vrais faux progressistes !

Posté par carlosmilitant le 8 juillet 2009

La carte blanche intitulée « Voile : où sont les progressistes » parue dans « Le Soir » du lundi 6 juillet 2009 m’a interpellé en tant que progressiste. Militant socialiste qui se reconnaît dans l’héritage philosophique des Spinoza, Feuerbach et Marx, je revendique avec fierté mes convictions athées. Toutefois, je ne suis pas du tout d’accord avec le propos d’Alain Destehexe et Claude Demelenne. L’un, compagnon de route du populiste Aernoudt, a trouvé un nouveau moyen de faire parler de lui en attisant l’aversion que son électorat droitier peut avoir envers les jeunes filles voilées. Il serait presque crédible en gardien du temple de la laïcité s’il n’était pas le pourfendeur attitré de l’enseignement officiel de la Communauté française. L’autre, à l’instar d’un Bernard Henri Levy, nous a habitué, sous un verni progressiste craquelant, à ses points de vue tranchés sur l’insécurité, le danger islamique ou le péril « jeune » (surtout s’il est bronzé !). Leur initiative commune n’a donc rien de surprenante. Je ne vais pas aller plus avant dans les arguments ad hominem. Passons à la question de fond. Les deux cosignataires de la carte blanche vantent la position courageuse de certains élus MR sur la question. Soit. Il n’est pas interdit de se faire plaisir à bon compte. Mais quand ils évoquent « le message désastreux envoyé aux femmes qui n’ont pas d’autres choix que de le porter», je ne peux que m’interroger sur le message non moins désastreux qu’ils envoient aux femmes de confession musulmane. En effet, il s’agit, ni plus ni moins, que de leur faire savoir que leur place n’est pas dans une assemblée parlementaire. Elles devraient comprendre que si elles veulent rentrer dans le jeu de la démocratie représentative, il faut impérativement qu’elles renoncent à une partie de leurs convictions, leurs traditions ou leur culture. Elles ont donc le choix entre abjurer leur religion ou rester des citoyennes de seconde zone. En prônant la non-éligibilité de fait des musulmanes, Alain Destexhe et Claude Demelenne font davantage de tort au combat pour l’émancipation de la femme que tous ces « barbus » qu’ils exècrent tant. J’ai l’absolue conviction que toutes les religions sont aliénantes. Toutefois, je suis tout aussi convaincu qu’il faut lutter contre toutes les formes d’aliénation. Ainsi, il faut se battre pour que le seuil de nos écoles, de nos institutions soit ouvert à tout le monde en ce compris aux jeunes filles voilées. La stigmatisation ne sera jamais un moyen d’émancipation. Par contre l’accès au savoir et l’insertion pleine et entière dans une société ouverte et démocratique peuvent constituer des armes précieuses pour lutter contre l’obscurantisme. La dernière partie de leur carte blanche est une diatribe convenue sur le vote communautaire. Alain Destexhe et Claude Demelenne pensent-ils sérieusement qu’ils renforcent les candidats progressistes d’origine arabo-musulmane en versant leur fiel sur les mosquées ? Feignent-t-ils d’ignorer que, de tout temps, les lieux de cultes comme d’autres espaces de socialisation ont constitué des enceintes au sein desquelles des discussions politiques se sont tenues ? Pour conclure, je dirais que les progressistes sont ceux qui considèrent que la recrudescence du fait religieux est un problème. Ils sont aussi et surtout ceux qui prônent des solutions adaptées et la prise en considération des réalités socioculturelles.

Publié dans Belgique | 5 Commentaires »

Le pathétique combat d’arrière-garde de l’oligarchie hondurienne

Posté par carlosmilitant le 3 juillet 2009

Les événements survenant en ce moment au Honduras nous renvoient directement aux pires heures de l’histoire de l’Amérique latine. En fait, la situation qui prévaut aujourd’hui dans ce petit état d’Amérique centrale est à la fois préoccupante et pathétique. Préoccupante parce que l’imposition d’un couvre-feu et de la présence visible dans les rues de forces armées à la solde d’une oligarchie qui craint d’être dépossédée de son pouvoir est potentiellement explosive. Pathétique parce que le président installé au pouvoir suite au coup d’état ne bénéficie d’aucune crédibilité puisqu’il a été désavoué tant par la majorité de la population hondurienne que par l’ensemble de la Communauté internationale.

drapeau honduras

Il semble que les instigateurs du coup d’état se croient revenus quelques années en arrière à l’époque où des chefs d’état démocratiquement élus pouvaient être déposés par les militaires avec le soutien de certaines puissances étrangères. Ce temps semble fort heureusement révolu. Même les Etats-Unis, dont l’influence néfaste dans le renversement de plusieurs présidents latino-américains n’est ignorée de personne, ont condamné le récent putsch au Honduras.

A la base, le Président Zelaya n’avait pourtant rien d’un dangereux révolutionnaire. Candidat du Parti Libéral du Honduras et élu Président de la République en 2005, ce fils d’un grand propriétaire terrien ne semblait pourtant pas vraiment prédestiné à incarner une franche menace pour l’oligarchie hondurienne. Son rapprochement avec son homologue nicaraguayen, le sandiniste Ortega, et le fait d’avoir fait adhérer le Honduras à l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques) ont apparemment suffi à lui attirer les profondes inimitiés des classes possédantes honduriennes.

Dans une Amérique Latine dans laquelle s’ancrent durablement des gouvernants de gauche soutenus par les masses populaires, l’offensive de l’oligarchie hondurienne peut s’assimiler à une sorte de combat d’arrière-garde.

Publié dans Amérique latine | Laisser un commentaire »

7 juin 2009 : Victoire de la Gauche ou défaite des sondeurs/faiseurs d’opinion(s) ?

Posté par carlosmilitant le 9 juin 2009

Les éditorialistes les plus antisocialistes ont dû tomber de haut dimanche soir. Alors qu’ils s’apprêtaient vraisemblablement à recueillir les fruits de leur minutieux travail de vitriolage du PS et qu’ils étaient peut-être en train de préparer les manchettes du lendemain en hésitant entre des jeux de mots éculés comme «la chute finale» ou des expressions allégoriques convenues comme «le PS balayé par un tsunami électoral», l’annonce des premiers résultats du scrutin a dû leur faire l’effet d’une fort peu agréable douche froide. Le Parti Socialiste, frappé d’anathème médiatico-politique, ne pouvait que connaître les affres d’une défaite électorale annoncée. In fine, les infréquentables sont presque devenus des incontournables.

Différents enseignements sont à tirer de ces récentes élections.

Tout d’abord, l’effondrement global de la social-démocratie européenne. Il est clair que dans ce contexte, le PS belge francophone fait figure d’exception. Soit plombé par les dissensions internes à l’instar du PS français, soit dans un état de dégénérescence idéologique avancée comme le New Labour anglais, les partis socio-démocrates d’Europe sont, pour la grande majorité d’entre eux, bien mal en point. Je suis convaincu qu’il est impératif pour les socialistes de prendre leurs distances avec une certaine forme d’européanocentrisme et de puiser davantage leur inspiration dans les politiques socialistes impulsées notamment en Amérique Latine. Si ce n’est pas vraiment l’objet du présent post, j’espère avoir l’occasion d’approfondir cette question prochainement dans le présent blog.

Ensuite, je ne peux que me réjouir de la disparition du Front National de la carte électorale de la Communauté française combinée aux mauvais résultats du Vlaams Belang au nord du pays. L’extrême droite connaît donc un recul significatif en Belgique. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la droite extrême est également en perte de vitesse au Parlement de la Région Bruxelloise puisque ni le Vicomte de Jonghe D’Ardoye (MR) ni le Prince de Lobkowitz (CDH) ne sont réélus.

Enfin, si Ecolo enregistre une grande percée, le PS fait mieux que se défendre en se maintenant comme premier parti en Communauté française. Le MR tente de faire illusion et de minimiser sa défaite en ressassant le fait qu’il récupère la première place à Bruxelles. Toutefois, ce serait faire offense à la vérité que d’omettre de relever que le MR bruxellois perd encore un siège par rapport au scrutin de 2004 où il avait réalisé un score historiquement bas. Globalement, la gauche parlementaire sort renforcée de ces élections. PS et Ecolo (malgré la volonté de la direction de ratisser politiquement le plus large possible, je reste intimement convaincu qu’à tout le moins la base d’Ecolo reste plutôt à gauche) ensemble progressent de 6 sièges en Wallonie et de 7 à Bruxelles. Loin de moi l’idée, en tant que membre du Parti Socialiste, de récupérer la belle victoire des écolos mais je me devais de souligner, en tant que militant progressiste, le fait que le cœur des électeurs de Communauté française reste bien à gauche.

Pour conclure, je dirai qu’on a pu constater, lors de ce récent scrutin, que la multiplication des sondages d’opinions défavorables peut parfois entraîner un sursaut favorable des sondés en faveur du parti qui est dans le collimateur médiatique. Leçon à retenir pour les faiseurs et/ou défaiseurs d’opinion…

Publié dans Carnets de campagne | 3 Commentaires »

Entretiens campagnards: Episode III

Posté par carlosmilitant le 2 juin 2009


Après Fabrizio Buccela et Julie Fiszman, la série d’interviews de candidats socialistes se poursuit. Aujourd’hui, c’est au tour de Catherine Moureaux, 5ème suppléante de s’y coller.

CC : Que signifie être de gauche, être socialiste aujourd’hui ?
CM : Être de gauche c’est être debout aux cotés de ceux qui subissent les injustices du système. C’est ne pas « laisser faire, laisser aller ».

CC : Peux-tu me citer trois valeurs auxquelles tu es particulièrement attachée ?
CM : L’égalité et la solidarité sont les deux valeurs collectives qui sont les plus importantes pour moi. Au niveau de l’individu, la valeur à laquelle je suis le plus attachée est l’honnêteté.

CC : Quels enseignements peut-on tirer de la crise actuelle du capitalisme ?
CM : La crise révèle le mensonge libéral. La crise ce n’est pas en soi la fin du capitalisme mais c’est une opportunité de changement parce qu’un grand nombre de travailleurs vont vivre dans leur chair une forme de guerre sociale. La crise c’est aussi un danger pour la gauche. L’état va devoir assumer des dépenses importantes et ce sera l’occasion de l’attaque par les libéraux de notre service public.

CC : Le PS est-il devenu un parti interclassiste ?
CM : Le PS défend avant tout les gens les plus fragilisés. C’est vrai que ces dernières années le PS a mené des combats plutôt à caractère éthique et du coup cela a pu donner l’impression que le Parti délaissait les combats sociaux.

CC : La lutte des classe existe-t-elle encore pour toi ?
CM : La lutte des classes existe sous une forme nouvelle liée à la montée de l’individualisme. La lutte des classes est noyée dans la consommation et la volonté de croissance. Dans ce contexte, le politique doit mieux s’armer contre le monde financier.

Publié dans Carnets de campagne | Laisser un commentaire »

Entretiens campagnards : Episode II

Posté par carlosmilitant le 13 mai 2009

Après Julie Fiszman (12ème sur la liste), j’ai décidé d’interviewer Fabrizio Bucella, conseiller communal à Ixelles et 41ème sur la liste.

CC : Que signifie être de gauche, être socialiste aujourd’hui ?
FB : Être de gauche c’est avoir une compréhension de la société construite autour du rapport de force entre capital et travail. Cela peut sembler un peu désuet d’utiliser ces termes, mais ils restent d’actualité. Pour le dire autrement : entre ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui ne disposent que de leur force de travail il y a une sacrée différence. Être de gauche c’est évidemment se mettre du coté du travail ! Être socialiste c’est également considérer que le mouvement social est porteur de changement.

CC : Quels enseignements peut-on tirer de la crise actuelle du capitalisme ?
FB : Pendant des années, le néolibéralisme a constitué la pensée dominante. La crise est le résultat des politiques de dérégulation impulsées par ceux qui se voyaient à la « fin de l’histoire ». Aujourd’hui, les socialistes doivent construire une alternative. Il importe également de s’ouvrir à d’autres enjeux comme celui du développement durable, de la société de l’information ou de l’éthique.

CC : le PS est-il devenu un parti interclassiste ?
FB : La charte de Quaregnon qui inscrit l’action du parti dans une perspective de lutte des classe est toujours un texte de référence au Parti. Si les classes sociales ne sont plus exactement les mêmes que lors de l’élaboration de ce texte, il est clair que la grande majorité des militants du PS partagent les valeurs reprises dans cette charte.

CC : Le politique peut-il encore changer les choses aujourd’hui ?
FB : Oui, bien sûr. De trois manières. Tout d’abord en agissant au niveau local et en mettant en avant des actions concrètes en faveur des gens à l’instar de ce qui s’est fait dans certaines localités avec la mise en place des budgets participatifs. Ensuite en gagnant la bataille des idées, trop souvent perdue depuis le couple Reagan-Thatcher. Il faut expliquer le projet aux gens, redevenir pédagogue, reconquérir le champ lexical et sémantique. Enfin, il est essentiel de changer la donne au niveau européen et de construire un rapport de force favorable à des politiques progressistes au niveau supranational. Négliger l’Europe et sa construction sera considéré comme l’erreur historique de la gauche en ce début de XXIème siècle.

Publié dans Carnets de campagne | 3 Commentaires »

Entretiens campagnards: Épisode I

Posté par carlosmilitant le 27 avril 2009

A l’occasion des prochaines élections, je souhaite ouvrir mon blog à certains candidats de la liste numéro 2. N’étant pas moi-même candidat, je trouve opportun de laisser un espace à des candidats PS dont le profil et le contenu m’intéressent. La série débute avec Julie Fiszman, députée sortante régionale.

CC : Que signifie être de gauche, être socialiste aujourd’hui ?
JF : C’est ne jamais trahir ses convictions. C’est défendre les gens qui en ont le plus besoin. C’est avoir une volonté de plus de justice sociale.

CC : Peux-tu me citer trois valeurs auxquelles tu es particulièrement attachée ?
JF : Liberté, égalité et solidarité. L’une ne va pas sans l’autre bien évidement.

CC : Quels enseignements peut-on tirer de la crise actuelle du capitalisme ?
JF : La crise financière est due à une dérégulation outrancière qui a causé une crise de l’économie réelle avec pour conséquence de faire basculer beaucoup de gens dans la précarité. Il est essentiel d’œuvrer à davantage de régulation. Il faut favoriser des politiques de relance notamment en investissant dans des grands travaux. A l’échelle de la Région Bruxelloise, l’investissement public dans les logements sociaux doit constituer une priorité.

CC : le PS est-il devenu un parti interclassiste ?
JF : Il est primordial d’avoir une cohésion sociale qui soit la plus large possible. Toutefois, il me semble clair que le PS reste très attaché à la défense des classes populaires.

CC : La lutte des classes existe-t-elle encore pour toi ?
JF : Oui et les clivages se marquent aussi même sur certains dossiers régionaux comme sur l’ordonnance « eau ».

CC : Le politique peut-il encore changer les choses aujourd’hui ?
JF : Il est possible via des décisions politiques d’améliorer la qualité de vie, les conditions de vie et de travail des gens.

Publié dans Carnets de campagne | 9 Commentaires »

Oui, on peut rire de tout ! Mais pas avec Faurisson et Lepen !

Posté par carlosmilitant le 29 mars 2009

L’humoriste Dieudonné était, ces jours-ci, de passage en Belgique. Comme à son habitude depuis qu’il fait le choix de la provocation systématique et du mauvais goût récurrent, sa visite a suscité la polémique. Son spectacle, initialement annulé, s’est finalement tenu dans une salle finalement comble de Saint-Josse. Que faut-il penser de l’artiste et de ses récentes et nauséabondes frasques ?

Je ne peux que condamner le flirt avec l’immonde auquel il semble s’adonner avec délectation depuis quelques années. D’autres humoristes avant lui ont joué, avec, certes, plus de talent, sur la provocation afin de faire passer un message à l’opinion publique. En l’espèce, on est en droit de se demander la teneur exacte du message. Dieudonné prétend vouloir bousculer l’establishment médiatique et dénoncer les tabous. Fort bien. Mais s’afficher au côté de Lepen et Faurisson afin de critiquer leur mise à l’index médiatique n’est ni plus ni moins que faire du prosélytisme philo-nazi. Certains diront sans doute qu’ils ne partage pas nécessairement les idées des infréquentables qu’il prend plaisir à fréquenter voire qu’il n’est qu’un grand naïf instrumentalisé par les partisans lepenistes. Peu m’importe que Dieudonné soit un pitre inconséquent au niveau politique, sa démarche est tout bonnement inacceptable. Vouloir démontrer la partialité des médias ne justifie aucunement le fait d’œuvrer à la visibilité de crapules antisémites et négationnistes comme Lepen ou Faurisson !

Non content d’être devenu un apologiste du négationnisme, Dieudonné contribue à renforcer les amalgames entre l’antisémitisme et le rejet du sionisme comme projet politique. Lors de ses spectacles, il lui est arrivé de recourir au mot sioniste pour désigner une personne de la Communauté juive comme pour entretenir volontairement une malsaine confusion. Cela est d’autant plus lamentable qu’il se prétend défenseur de la cause palestinienne à qui il fait le plus grand tort avec son mauvais humour.

Une chose est sure, il y a longtemps ce sinistre individu a cessé de me faire rire !

Publié dans France | Laisser un commentaire »