Carlos militant

Archives pour juillet 2009

Lever le voile sur les vrais faux progressistes !

Posté par carlosmilitant le 8 juillet 2009

La carte blanche intitulée « Voile : où sont les progressistes » parue dans « Le Soir » du lundi 6 juillet 2009 m’a interpellé en tant que progressiste. Militant socialiste qui se reconnaît dans l’héritage philosophique des Spinoza, Feuerbach et Marx, je revendique avec fierté mes convictions athées. Toutefois, je ne suis pas du tout d’accord avec le propos d’Alain Destehexe et Claude Demelenne. L’un, compagnon de route du populiste Aernoudt, a trouvé un nouveau moyen de faire parler de lui en attisant l’aversion que son électorat droitier peut avoir envers les jeunes filles voilées. Il serait presque crédible en gardien du temple de la laïcité s’il n’était pas le pourfendeur attitré de l’enseignement officiel de la Communauté française. L’autre, à l’instar d’un Bernard Henri Levy, nous a habitué, sous un verni progressiste craquelant, à ses points de vue tranchés sur l’insécurité, le danger islamique ou le péril « jeune » (surtout s’il est bronzé !). Leur initiative commune n’a donc rien de surprenante. Je ne vais pas aller plus avant dans les arguments ad hominem. Passons à la question de fond. Les deux cosignataires de la carte blanche vantent la position courageuse de certains élus MR sur la question. Soit. Il n’est pas interdit de se faire plaisir à bon compte. Mais quand ils évoquent « le message désastreux envoyé aux femmes qui n’ont pas d’autres choix que de le porter», je ne peux que m’interroger sur le message non moins désastreux qu’ils envoient aux femmes de confession musulmane. En effet, il s’agit, ni plus ni moins, que de leur faire savoir que leur place n’est pas dans une assemblée parlementaire. Elles devraient comprendre que si elles veulent rentrer dans le jeu de la démocratie représentative, il faut impérativement qu’elles renoncent à une partie de leurs convictions, leurs traditions ou leur culture. Elles ont donc le choix entre abjurer leur religion ou rester des citoyennes de seconde zone. En prônant la non-éligibilité de fait des musulmanes, Alain Destexhe et Claude Demelenne font davantage de tort au combat pour l’émancipation de la femme que tous ces « barbus » qu’ils exècrent tant. J’ai l’absolue conviction que toutes les religions sont aliénantes. Toutefois, je suis tout aussi convaincu qu’il faut lutter contre toutes les formes d’aliénation. Ainsi, il faut se battre pour que le seuil de nos écoles, de nos institutions soit ouvert à tout le monde en ce compris aux jeunes filles voilées. La stigmatisation ne sera jamais un moyen d’émancipation. Par contre l’accès au savoir et l’insertion pleine et entière dans une société ouverte et démocratique peuvent constituer des armes précieuses pour lutter contre l’obscurantisme. La dernière partie de leur carte blanche est une diatribe convenue sur le vote communautaire. Alain Destexhe et Claude Demelenne pensent-ils sérieusement qu’ils renforcent les candidats progressistes d’origine arabo-musulmane en versant leur fiel sur les mosquées ? Feignent-t-ils d’ignorer que, de tout temps, les lieux de cultes comme d’autres espaces de socialisation ont constitué des enceintes au sein desquelles des discussions politiques se sont tenues ? Pour conclure, je dirais que les progressistes sont ceux qui considèrent que la recrudescence du fait religieux est un problème. Ils sont aussi et surtout ceux qui prônent des solutions adaptées et la prise en considération des réalités socioculturelles.

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Le pathétique combat d’arrière-garde de l’oligarchie hondurienne

Posté par carlosmilitant le 3 juillet 2009

Les événements survenant en ce moment au Honduras nous renvoient directement aux pires heures de l’histoire de l’Amérique latine. En fait, la situation qui prévaut aujourd’hui dans ce petit état d’Amérique centrale est à la fois préoccupante et pathétique. Préoccupante parce que l’imposition d’un couvre-feu et de la présence visible dans les rues de forces armées à la solde d’une oligarchie qui craint d’être dépossédée de son pouvoir est potentiellement explosive. Pathétique parce que le président installé au pouvoir suite au coup d’état ne bénéficie d’aucune crédibilité puisqu’il a été désavoué tant par la majorité de la population hondurienne que par l’ensemble de la Communauté internationale.

drapeau honduras

Il semble que les instigateurs du coup d’état se croient revenus quelques années en arrière à l’époque où des chefs d’état démocratiquement élus pouvaient être déposés par les militaires avec le soutien de certaines puissances étrangères. Ce temps semble fort heureusement révolu. Même les Etats-Unis, dont l’influence néfaste dans le renversement de plusieurs présidents latino-américains n’est ignorée de personne, ont condamné le récent putsch au Honduras.

A la base, le Président Zelaya n’avait pourtant rien d’un dangereux révolutionnaire. Candidat du Parti Libéral du Honduras et élu Président de la République en 2005, ce fils d’un grand propriétaire terrien ne semblait pourtant pas vraiment prédestiné à incarner une franche menace pour l’oligarchie hondurienne. Son rapprochement avec son homologue nicaraguayen, le sandiniste Ortega, et le fait d’avoir fait adhérer le Honduras à l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques) ont apparemment suffi à lui attirer les profondes inimitiés des classes possédantes honduriennes.

Dans une Amérique Latine dans laquelle s’ancrent durablement des gouvernants de gauche soutenus par les masses populaires, l’offensive de l’oligarchie hondurienne peut s’assimiler à une sorte de combat d’arrière-garde.

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