
carnaval de Schaerbeek (8) – Sudpresse.be
Le moins que l’on puisse écrire est qu’une certaine fébrilité est perceptible dans les rangs de la liste du Bourgmestre schaerbeekois en ces premières semaines de précampagne. Différents éléments récents laissent transparaître que l’équipe autour du Bourgmestre Bernard Clerfayt ne semble pas respirer la sérénité au moment de se mettre en ordre de bataille pour aller, dans quelques mois, solliciter un troisième mandat devant l’électeur. Ainsi, l’absence de communication claire et la nervosité autour de l’arrivée (avortée ?) de Louis Michel à Schaerbeek en ont surpris plus d’un. L’intéressé a certes démenti les rumeurs en les qualifiant d’ « âneries[1] ». Affaire à suivre, mais il est surprenant que Bernard Clerfayt et son équipe n’aient pas été en capacité d’avoir une communication cohérente et officielle sur le sujet. La liste du Bourgmestre s’est par contre distinguée dans les médias par l’entremise d’un toutes-boîtes qui suscita la polémique[2]. En optant résolument pour la stigmatisation de deux autres communes bruxelloises dans la publication « Schaerbeek Ensemble »[3], le MR-FDF n’aura pas rassuré ceux qui redoutent une campagne délétère et peu axée sur le débat d’idées à l’instar de la campagne de 2006.
Bien sûr, il est compréhensible que la liste du Bourgmestre veuille rééditer la stratégie gagnante qui a permis le succès qu’on lui connaît lors du dernier scrutin communal. En jouant presque exclusivement sur la polarisation du débat politique schaerbeekois entre Bernard Clerfayt le Bourgmestre sortant et la nouvelle venue occupée à d’autres fonctions qu’était Laurette Onkelinx, le MR-FDF a obtenu des résultats spectaculaires. Le message était assez basique mais néanmoins percutant. On pourrait le résumer à la formule des 2×100% dont Bernard Clerfayt était l’emblématique incarnation: 100% Schaerbeekois et 100% Bourgmestre. L’objectif étant de faire passer l’idée que Laurette Onkelinx n’était pas vraiment schaerbeekoise et qu’en cas d’accession au mayorat elle ne serait pas pleinement disponible en raison de sa présence au Gouvernement Fédéral. Cette véritable règle d’or de la communication politique de la liste du Bourgmestre durant la campagne de 2006 s’est avérée, comme on le sait, payante.
Le problème est qu’entre 2006 et 2012, la donne a quelque peu changé. Tout d’abord, Laurette Onkelinx est schaerbeekoise depuis maintenant 6 ans. Certes, il sera toujours de bon de ton de persister à associer de manière quasi pavlovienne la Vice-Première et la localité wallonne où elle dispose d’une maison de campagne mais les citoyens pourraient finir par montrer des signes de lassitude par rapport à cette propagande monomaniaque. Il faudra donc peut-être passer à autre chose. L’argument de la Vice-Première qui en cas de victoire électorale n’assumerait pas pleinement ses fonctions mayorales peut encore resservir. Sauf qu’entretemps, Bernard Clerfayt a passé 3 ans 8 mois et deux semaines comme bourgmestre empêché car membre du même Gouvernement que Laurette Onkelinx ! L’homme des 2×100% aura ainsi passé 57% de son mandat à déléguer ses attributions à une bourgmestre faisant fonction. Néanmoins, il faut reconnaître le bourgmestre sortant a de la ressource et qu’il peut espérer inventer de nouvelles formules gagnantes grâce à des talents créatifs encore sous-exploités[4].
L’arrivée éventuelle de Louis Michel serait sans doute moins liée à l’existence factuelle d’un pied-à-terre schaerbeekois à usage de l’ancien Commissaire Européen qu’à certaines velléités de faire évoluer le rapport de force interne à la liste du Bourgmestre dans un sens plus favorable aux libéraux. L’effet « Clerfayt » (ou plutôt l’effet anti-Onkelinx) de 2006 a creusé un écart abyssal entre le Maïeur de Schaerbeek et les autres faiseurs de voix de sa liste. Avec respectivement 1906, 1869 et 1787 voix, le trio libéral Verzin-Noel-Guillaume pèse moins que la moitié du score de Clerfayt. Nul doute que l’arrivée d’une pointure comme Louis Michel permettrait de rééquilibrer les négociations internes tant pour la constitution des listes que pour l’octroi des mandats scabinaux. Cela pourrait en partie expliquer certaines choses.
En guise de conclusion et de voeux pour l’année à venir, il reste à espérer que les schaerbeekois pourront, malgré quelques premiers signaux décourageants, avoir droit à une campagne électorale constructive entre des adversaires mutuellement respectueux et soucieux de convaincre les électeurs sur base de leurs projets politiques respectifs.