Carlos militant

Archive pour la catégorie ‘Divers’

Esprit es-tu libre?*

Publié par carlosmilitant le 16 mars 2012

Les libres penseurs doivent impérativement se méfier de l’emprise  que le sacré peut avoir sur leur capacité à appréhender la réalité, à analyser la complexité du monde. En effet, la raison ne saurait souffrir d’aucune entrave à son déploiement à fortiori sous la forme d’un icône à aduler ou d’un veau d’or à vénérer qui atténuerait sa capacité à prendre une distance salutaire favorisant la construction d’un jugement critique. Ainsi, il semble que la sacralisation de l’ULB comme temple du libre examen relève d’une posture peu compatible avec l’objectivité nécessaire à l’appréciation pertinente  de certains faits se déroulant en son sein.

La perturbation puis l’interruption de la conférence sur l’extrême droite organisée le 7 février dernier  à l’ULB a été considérée par beaucoup comme une espèce de  sacrilège foulant aux pieds les valeurs fondamentales de l’université libre-exaministe. Pourtant, pour peu que l’on mette de côté les représentations idéalisées du débat universitaire, il est possible de relativiser la « gravité » des faits. La « Burqa Pride » annoncée préalablement sur les réseaux sociaux a pris la forme d’une sorte d’ « happening » vociférant et costumé qui a momentanément rendu impossible la poursuite d’un débat. Avec un brin de détachement, on peut la voir comme un acte provocateur destiné à faire passer un message. Certes, la provocation peut être considérée comme puérile ou contre-productive et on peut ne pas souscrire au message mais il convient de ramener les faits à leur juste proportion. Une conférence a été interrompue- le modérateur Guy Harscher a confirmé en direct sur la Première qu’elle avait débuté – à l’ULB en raison d’un chahut organisé. L’objet de ce texte n’est pas de débattre du contenu du message des chahuteurs ni de leur mode d’expression – l’auteur de ces lignes n’était pas présent sur place-mais de s’interroger sur la surmédiatisation des faits. Les événements survenus la semaine dernière ont fait la une de la presse écrite et audiovisuelle et il est intéressant de réfléchir aux causes mais aussi aux conséquences de la publicité faite à cette action.

 

L’image d’Epinal de l’Université comme enceinte inviolable où l’échange d’idées se veut toujours respectueux voire policé, comme temple sacré du débat démocratique, pourrait constituer une explication à la démesure de la couverture des faits et à la virulence des commentaires. D’autres explications possibles sur la crucifixion  par l’opinion publique des « profanateurs » sont plus inquiétantes. Au vu du Maelström de réactions passionnées dans les médias et surtout des réactions outragées (mais aussi des outrages réactionnaires !) qui ont fleuri dans les réseaux sociaux et les forums internet, il convient de s’interroger sur notre capacité à décoder certaines informations. Une hypothèse vient à l’esprit : en égrenant certains mots-clés comme « intégristes », « burqa », « musulmans », on renvoie à certains clichés de l’imaginaire collectif avec pour résultat d’exacerber les passions  et conséquemment  de provoquer un emballement médiatique disproportionné.

Toutes les valeurs généralement invoquées par les détracteurs de la « Burqa Pride » sont évidement essentielles et tout démocrate qui se respecte ne peut qu’y souscrire. Il est heureux que la défense de la laïcité, du débat d’idées, de la liberté d’expression  soient encore des combats mobilisateurs. Toutefois, il est opportun de se demander si ces causes pour nobles qu’elles soient justifient pleinement la mise au ban de la communauté universitaire de tous les contestataires, les irrévérencieux, les marginaux, ceux qui rejettent le cadre et les codes usuels du débat académique. Comparaison n’est pas raison mais ceux, qui au sein  de cette Institution, ont mené, notamment en mai 68, des luttes pour la démocratisation qui contribuent à sa grandeur n’ont pas toujours restreint l’expression de leur contestation aux carcans imposés par l’autorité. Loin s’en faut ! L’Esprit sera-t-il plus  libre le jour où retentira dans le campus un très  martial et sentencieux « l’ordre règne à l’ULB ! » ? Pour osée qu’elle soit, l’analogie n’est pas moins audacieuse que de crier au fascisme dès qu’une conférence doit être interrompue.

* Cet article a été publié dans la rubrique opinion de “Libre Belgique” le 22 février 2012 (  http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/721336/esprit-es-tu-libre.html)

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La guerre sociale contre les pleins pouvoirs aux marchés?

Publié par carlosmilitant le 26 novembre 2011

Après le printemps arabe porteur de tant d’espoirs d’émancipation, il semble qu’il faille nous résoudre à l’automne technocratique charriant des perspectives de régression sans précédent. Les cas de la Grèce et de l’Italie sont emblématiques de la mise sous tutelle brutale d’états nationaux au profit d’intérêts supranationaux. Des chefs de gouvernements légitimement élus -bien qu’éminemment critiquables- après avoir été contraints de se livrer à d’obscènes séances de danse du ventre devant les marchés, ont été priés de quitter la scène dans le déshonneur le plus complet.

Aujourd’hui la tendance des décideurs en Europe – pour faire court le duo Sarkozy-Merkel et les « experts » dont ils sont les relais-  semble être plutôt à favoriser la cooptation d’anciens de  banques d’affaires style Goldman and Sachs comme premier ministre à l’instar de Mario Monti en Italie que de promouvoir l’avènement de majorités politiques construites autour de dirigeants légitimés par un certain degré d’adhésion populaire à leur programme.

En Belgique aussi, des voix s’élèvent pour évoquer sérieusement la possibilité de mettre en place un gouvernement de technocrates1. D’aucuns spéculent sur la composition de cet exécutif technocratique et imaginent que les Colmant, Noels voire Maystadt (l’ex-politique aujourd’hui auréolé d’une expertise économique) pourraient faire mieux que les négociateurs qui planchent actuellement à la formation d’un gouvernement. Les représentants politiques classiques ne seraient pas en mesure de faire comprendre à leurs administrés qu’ils doivent prendre des mesures « nécessaires » détériorant leurs conditions d’existence et leurs acquis sociaux. Le fastidieux recours au suffrage universel briderait les politiques au moment de prendre des décisions « courageuses » car le peuple ne serait pas en capacité de comprendre le bienfondé des recommandations de la Commission Européenne ou de toute autre caisse de résonance de la pensée unique néolibérale. A l’instar de l’odieux chantage subi par le peuple grec, la tutelle internationale  dispose pourtant de moyens de pression pour imposer les réformes souhaitées mais cela ne semble plus suffire. Dès lors, confier le pouvoir à des « experts » ne devant aucunement rendre compte de leurs actes et passer sous les fourches caudines de l’opinion publique semble la voie toute tracée pour arriver à -Graal ultime- rassurer durablement les marchés. Les arguments de ceux qui appellent à la mise en place de gouvernements technocratiques sont pourtant bien moins originaux qu’inquiétants. Ils sont aussi cyniques et paternalistes que ceux utilisés à d’autres époques pour défendre le suffrage capacitaire ou l’oppression coloniale.

Outre l’antagonisme séculaire entre capital et travail, à l’origine de tant de luttes sociales, et en plus de l’offensive actuelle et très appuyée du patronat et de ses relais politiques, les travailleurs doivent avoir conscience qu’ils sont confrontés à une attaque frontale contre leurs droits civils et politiques que l’on croyait davantage consolidés que les droits économiques et sociaux. Le capitalisme semble être rentré dans une phase d’instabilité où le multipartisme et le parlementarisme qu’il tolérait comme une sorte d’accommodement raisonnable compatible avec le libre marché est au moins transitoirement remis en question. Dès lors, il importe de refuser avec fermeté de baisser la garde devant les velléités de mise en place d’un gouvernement de technocrates qui ne sera rien d’autre que la confiscation du droit de vote par ceux qui détiennent déjà l’essentiel du pouvoir économique. Si ces derniers sont près à aller jusqu’à un coup d’état technocratique dans le but d’imposer les recettes indigestes des pompiers-pyromanes de la finance, alors il faudra se préparer à une riposte d’envergure pour préserver notre modèle social et même le droit à choisir nos dirigeants. Si l’évolution du capitalisme rend définitivement incompatibles le  libre marché et la démocratie représentative alors il faut que les travailleurs en tirent les conclusions. Et il n’est que peu probable qu’elles aillent dans le même sens que celles des détenteurs de capitaux.

1Sans prétendre à l’exhaustivité citons http://www.levif.be/info/actualite/belgique/gouvernement-de-technocrates-pour-la-belgique-maystadt-premier-ministre/article-4000009473536.htm et http://archives.sudpresse.be/t-20111117-H3GXKE-0.jpg.

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Essayer de se poser les bonnes questions sur la Libye!

Publié par carlosmilitant le 11 avril 2011

Si en Belgique un consensus politique s’est dégagé au sein de l’ensemble des formations politiques représentées au Parlement sur la nécessité d’être partie prenante de l’intervention militaire en Libye en vue d’appliquer la résolution 1973 des Nations Unies, le débat se poursuit au sein de ce que d’aucuns appellent la société civile. Au-delà de l’unanimisme parlementaire, les avis (et notamment ceux des progressistes!) divergent sur la question. Certains remettent en question le bienfondé de l’opération voire de la résolution onusienne. D’autres demandent à tout le moins un respect strict du mandat de l’ONU. Si l’on veut trouver les réponses adéquates, il faut essayer de se poser les bonnes questions. Tel est l’objet de ce modeste billet.

Kadhafi est il un tyran opprimant son peuple?
Il faudrait être vraiment le plus tartuffe ou le plus intellectuellement malhonnête des militants anti-impérialistes pour répondre négativement à la question. Exécutions sommaires par une justice plus qu’expéditive, disparitions mystérieuses d’opposants, déplacements/déportations forcées de populations en fonction des lubies du tyran : la liste des exactions perpétrées par le satrape paranoïaque de Tripoli tout au long de ses 42 ans de règne est impressionnante(1).  Les marques de soutien à ce personnage faites par Chavez, Castro, Morales et d’autres leaders de la gauche sud-américaine contribuent sans doute à désorienter les progressistes sur la question. Il semble qu’aujourd’hui ces dirigeants ne disposent pas d’une grille d’analyse suffisamment pertinente sur la question. A l’instar de la CGT et du PCF pendant les événements de mai  68,  les responsables politiques précités se refusent à considérer que le vent révolutionnaire qui souffle en Afrique du Nord et au Moyen Orient ne soit porteur d’un quelconque changement sociétal.

L’intervention des puissances occidentale est elle désintéressée ?
Sans aucune hésitation, il convient de répondre négativement à cette question. Des pays comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne n’ignorent pas que la Libye dispose de ressources pétrolifères et l’accès à ces dernières constitue un enjeu crucial pour les pays industrialisés qui, par le passé, ont déjà eu plusieurs fois recours à la voie militaire pour garantir leur approvisionnement énergétique. Outre cela, des états comme la France ou l’Italie aspirent sans doute à ce que, quel que soit celui qui présidera aux destinées de la Libye, il accepte, dans tout les cas, d’arborer le collier de cerbère de la Forteresse-Europe qui allait si bien au Colonel Kadhafi. Ceux qui succéderont à l’autocrate de Tripoli devront donner des garanties de leur bonne volonté en matière de lutte contre l’immigration « non choisie » !

L’occident impérialiste peut il être l’allié objectif des peuples arabes en lutte ?
Théoriquement, il est possible qu’à tout le moins dans un court terme les intérêts convergent. Cependant, le déséquilibre des forces entre les deux alliés potentiels et le fait que les insurgés libyens deviennent, au fur et à mesure que le conflit s’éternise, de plus en plus redevables vis-à-vis de leurs soutiens occidentaux rendent cette possibilité fort aléatoire. De plus vu le manque de crédibilité des pays occidentaux dans les opinions publiques arabes, le fait de voir les États-Unis, la Grande Bretagne prendre fait et cause pour les opposants de Mouammar Kadhafi pourrait apporter à ce dernier un appréciable regain de popularité auprès des Libyens.

Quelles perspectives pour la suite?
Les plus lucides des acteurs en présence conviennent qu’il faut sortir du conflit libyen par la voie politique. Même le Secrétaire Général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, pourtant peu suspect de pacifisme angélique est convaincu qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit en Libye(2). Un dénouement militaire rapide favorable à l’un ou l’autre camp est aujourd’hui peu probable. Certes, parmi les membres de la coalition, il s’en trouve peut-être qui se satisferaient d’une partition de fait du pays dans la mesure ou les zones pétrolifères sont à l’heure actuelle en grande partie sous le contrôle des rebelles. Dès lors, il importe que les armes se taisent assez rapidement pour créer les conditions propices à une sortie négociée à la crise libyenne. Cette solution politique qui permettrait de sortir par le haut du conflit devra impérativement intégrer le départ de Khadhafi, dont on sait le maintien au pouvoir peu compatible avec les légitimes aspirations démocratiques du peuple libyen. Cette question semble d’ailleurs être envisagée dans le cadre des discussions(3) autour de « la feuille de route » pour la paix proposée par l’Union Africaine.

1 Une analyse assez complètes des forfaitures de Kadhafi sur le lien suivant : http://oumma.com/Libye-Kadhafi-portrait-total
2 http://www.lesoir.be/actualite/monde/2011-04-09/il-n-y-a-pas-de-solution-militaire-au-conflit-en-libye-833508.php
3 http://www.francesoir.fr/actualite/international/libye-kadhafi-dit-oui-feuille-route-proposee-par-l-union-africaine-90592.html

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Satrapes crépusculaires et croquemitaines usuels

Publié par carlosmilitant le 6 février 2011

Le monde arabo-musulman connaît ces jours-ci un climat insurrectionnel sans précédent depuis la fin des conflits coloniaux avec les anciennes puissances occupantes. L’élan révolutionnaire impulsé par le soulèvement victorieux du peuple tunisien contre le tyran Ben Ali continue de produire de multiples convulsions dans différents états du Proche et du Moyen Orient. Les effets de l’onde de choc contestataire qui s’est déployée depuis plusieurs semaines à partir de son épicentre de Tunis sont perceptibles des contreforts de l’Atlas jusqu’aux confins de la Péninsule Arabique. Les pays occidentaux, Etats-Unis et France en tête, contemplent aujourd’hui l’impressionnant spectacle des mobilisations massives contre des autocrates dont la servilité à leur égard n’a d’égal que la haine qu’ils suscitent auprès de leurs populations.

Il convient de relever que le soutien appuyé des démocraties occidentales à des dictateurs africains n’a rien de récent. Dès l’amorce de la vague de décolonisation des années soixante, il était impératif aux yeux de l’occident que l’affranchissement politique des jeunes nations africaines ne soit en aucun cas suivi de leur émancipation économique. Ainsi, des choix stratégiques se sont opérés au sein du département d’état américain et de certaines chancelleries européennes en vue de soutenir les dirigeants africains qui offraient les meilleures garanties de défense de leurs intérêts économiques. Le recours à la menace communiste dans un monde que la guerre froide avait idéologiquement clivé s’est avéré d’une efficacité redoutable pour justifier l’encombrante allégeance de dictateurs sanguinaires comme les congolais Mobutu et Tsombé ou le centrafricain Bokassa et la collaboration embarrassante avec l’Afrique du Sud de l’Apartheid. Ainsi, mieux valait se couvrir d’infamie en traitant avec des potentats dont les règnes désastreux charriaient une multitude d’exactions à l’encontre de leur peuple que faillir dans la défense du monde libre! Mieux valait un dictateur même corrompu et tyrannique qu’un suppôt de Moscou! La chute du mur de Berlin priva, presque par surprise, les pays occidentaux de leur épouvantail soviétique!

Par un processus de substitution qui n’est pas sans rappeler un passage de l’ouvrage le plus célèbre de George Orwell, le péril islamique a remplacé le péril rouge au rang des grandes menaces pour notre civilisation. Ce changement de paradigme  géopolitique, théorisé à posteriori par Samuel Huntington et certains de ses émules, a permis de légitimer le soutien étasunien et européen à des Mubarak ou des Ben Ali qui s’érigeaient en rempart solide contre l’islamisme. Sauf que la crédibilité des desseins occidentaux d’endiguement du fondamentalisme islamique commence à être plus qu’ébranlée. En effet, alors que, durant la guerre froide, les États-Unis s’appuyait sur un anti-communiste patenté comme Mobutu pour contrer les visées hégémoniques de l’URSS, ils auraient aujourd’hui bien du mal à convaincre que leur alliance indéfectible avec l’Arabie Saoudite et son islam ultra-rigoriste sert sérieusement la cause de la lutte contre le radicalisme islamique. Des observateurs peu au fait des finesses de la realpolitik pourraient, de prime abord, s’étonner de la différence de considération entre les Wahabistes Saoudiens, présentés sempiternellement comme des gages de stabilité, et les Frères Musulmans Égyptiens dont l’avènement maintes fois fantasmé serait supposé mettre la région à feu et à sang. La différenciation réside moins en leur degré de fondamentalisme respectif qu’en en la manière dont ils conçoivent leurs relations avec le principal allié des puissances occidentales dans la région, à savoir Israël. Là ou l’Arabie Saoudite s’est accommodée de l’existence de l’État Hébreu, les Frères Musulmans Égyptiens, à l’instar de leur branche palestinienne qui impulsa la création du Hamas, lui ont toujours démontré une franche hostilité.

Exclure les Frères Musulmans du champ politique égyptien constituerait néanmoins, en plus d’une indéniable faute de goût démocratique, une erreur stratégique majeure. Principale force d’opposition au régime autocratique de Moubarak et jouissant d’un certain soutien populaire, son éventuelle mise hors cadre d’un processus de transition à venir suite à un diktat des États-Unis et/ou de leurs alliés aurait pour conséquence de renforcer encore davantage leur popularité auprès des masses voire de compromettre une évolution institutionnelle qui soit en phase avec les aspirations collectives du peuple égyptien. Le projet politique des Frères Musulmans est certes réactionnaire, en ce qu’il veut remodeler l’organisation de la société en fonction de préceptes religieux et à ce titre doit être politiquement combattu par ceux qui s’y opposent. Toutefois, à partir du moment où l’échiquier politique américain est ouvert aux fondamentalistes chrétiens – certaines factions du Tea Party viscéralement attachées à une interprétation littérale de la Bible ne devraient pas davantage trouver grâce aux yeux des progressistes conséquents que les frères Musulmans – il n’est guère cohérent de vouloir s’ériger en bouclier contre l’intégrisme religieux au niveau international. Si les dirigeants européens et américains veulent réellement regagner la confiance des peuples arabes en lutte, alors ils doivent arrêter de faire primer leurs intérêts économiques immédiats sur les aspirations populaires légitimes à des changement démocratiques et cesser de se référer dès que ça les arrange au repoussoir islamique dont il devient de plus en plus évident qu’il n’est que le vernis craquelant de l’inconditionnalité du soutien à Israël.

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ULB : Restauration de l’ancien régime ou nouvelle étape de démocratisation?

Publié par carlosmilitant le 15 octobre 2010

Note de l’auteur : les lignes qui suivent constituent la version intégrale d’un texte publié dans la rubrique opinion de la “Libre Belgique” : http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/617022/contestation-a-l-ulb.html

En tant qu’ancien de l’ULB, j’ai été assez surpris d’apprendre la démission du recteur de cette institution et même franchement déconcerté par la justification qu’il en a donné. Dans un communiqué(1) en date du 21 septembre, Monsieur Vincke a dénoncé la « logique de clans » qui « gangrène » le conseil d’administration et les agissements de « stratèges assoiffés de pouvoir ». Son départ fait suite notamment à la décision du conseil d’administration de ne pas accorder sa confiance à deux vice-recteurs qu’il avait proposé. Mon propos n’est nullement de commenter ni le bienfondé de sa décision ni les qualités des personnes dont la candidature n’a pas recueilli l’assentiment de l’instance décisionnelle de l’ULB. Il s’agit plutôt d’élargir la réflexion et de remettre les faits dans un contexte.

Le conseil d’administration d’avant les « événements » de mai 68 était une assemblée de notables. Ceux-ci étaient davantage soucieux du prestige de l’institution (ou plutôt de l’idée qu’ils s’en faisaient) que des aspirations des étudiants, des professeurs et des autres membres du personnel de cette institution. Suite au mouvement du tumultueux cinquième mois de l’année 1968, les statuts de l’université furent adaptés en vue de permettre aux différents acteurs de l’ULB de désigner leur représentants au sein de l’organe de gestion de l’université. L’université était désormais gérée de manière participative en associant à la prise de décision les délégués des corps académiques, des corps scientifiques, du personnel technique, administratif et de gestion et même des étudiants. Ce fut une véritable révolution, certes peut être pas exactement celle rêvée par ceux qui avaient battu le pavé, mais qui plaça l’ULB à l’avant-garde en matière de démocratisation des structures décisionnelles des établissements d’enseignement supérieur. Il fallut attendre 2003 et le décret « participation » de la Ministre Françoise Dupuis, pour voir la représentation étudiante garantie dans les conseils d’administration de l’ensemble des universités de la Communauté française. Toutefois, ce serait faire offense à la vérité que de dire que la pratique démocratique au sein du CA de l’ULB fut toujours idyllique et respectueuse du poids réel des différents corps. Ainsi, les luttes d’influence et la confrontation de visions différentes voire d’intérêts divergents parsemèrent de manière récurrente l’ordre du jour des différentes réunions des conseils d’administration organisés depuis plus de quarante ans. Je fais l’hypothèse que la « logique de clans » évoquée par le recteur démissionnaire recouvre cette réalité-là. Rien de neuf ni même de très choquant puisque, dans une assemblée démocratique et représentative, l’établissement d’un rapport de force entre une majorité et une minorité relève d’une logique assez habituelle. Tout qui est passé par les arcanes de l’ULB sait que les délégués du corps scientifique, du personnel administratif, technique et de gestion et des étudiants constituaient les corps minoritaires par opposition aux représentants des corps académiques et à leur primus inter pares : le recteur. La différence tient peut-être à ce que les contours historiques de la majorité et de la minorité semblent s’estomper. Alors que l’essentiel du pouvoir a été longtemps concentré aux mains d’une certaine oligarchie rectorale composée du recteur, de ses doyens et des représentants du corps académique, il semble qu’aujourd’hui le centre de gravité soit en train de changer au vu du vote du CA du 20 septembre sur les vice-recteurs proposés par le recteur.

Ceux qui questionnent aujourd’hui la légitimité du CA, instance perfectible mais élue au suffrage universel des différents acteurs de l’institution, seraient moins suspects de vouloir s’accrocher à leurs privilèges s’ils ne se cantonnaient pas à des questionnements factuels et à des attaques de personnes. S’ils demandaient des réformes statutaires pour que les différents corps soient représentés dans les organes de décision à concurrence du poids numérique qui est le leur. Ou à tout le moins de modifier la composition du CA afin d’obtenir une représentation équilibrée de différents corps. Ou encore dans un registre moins audacieux de faire comme à l’UCL : organiser une élection du recteur au suffrage universel des différents acteurs composant l’université!

La question n’est pas de savoir qui des prétendus « stratèges assoiffés de pouvoir » ou des oligarques avérés désireux de conserver ledit pouvoir va sortir victorieux du bras de fer actuel. Ni même de savoir qui sera le prochain recteur ou le prochain président du CA. L’ULB est à la croisée des chemins entre la restauration des privilèges de certains corps et la nouvelle étape d’une démocratisation de ses instances décisionnelles!

Carlos CRESPO
Diplômé de l’ULB
Ex-permanent de la délégation étudiante de l’ULB
(1) http://wwwdev.ulb.ac.be/db/revue/articles/21092010/21092010REF_901.pdf

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Petite pub-copinage…

Publié par carlosmilitant le 17 septembre 2009

… juste pour vous annoncer la naissance du petit JIM: le Journal Indépendant et Militant.

Il est né au mois d’août, mesure 12 rubriques et pèse 13 articles et quelques centaines de brèves…!

2tours

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Stop au massacre de Gaza !

Publié par carlosmilitant le 5 janvier 2009

A l’heure où j’écris ces quelques lignes, les chars ont pris le relais de l’aviation israélienne pour poursuivre l’entreprise de destruction initiée le 27 décembre dernier et dont l’appellation « plomb durci » semble dramatiquement appropriée. Cette nouvelle agression contre le peuple palestinien est injustifiable. Certes, des miliciens du Hamas lancent, de manière récurrente, depuis plusieurs mois des roquettes sur le sud d’Israël. Toutefois, s’il est évident que les quatre morts israéliens (1) causés par le lancement répété de ces roquettes de fabrication artisanale dont la précision est plus que défaillante sont quatre morts de trop, la réponse de Tsahal apparait indubitablement comme disproportionnée. Avec un bilan s’élevant à plus de 500 morts du coté palestinien, il me semble que l’équidistance, que d’aucuns appellent sempiternellement de leurs vœux lorsqu’il s’agit de se positionner sur le conflit israélo-palestinien, est difficilement tenable en l’espèce. Dès lors, il est essentiel de condamner sans ambiguïté l’offensive israélienne actuellement en cours dans la bande de Gaza.

Ce qui est vraiment déplorable c’est que l’agression israélienne répond davantage à des considérations électoralistes qu’à une volonté de garantir la sécurité des habitants d’Israël. Tant Kadima qu’Avoda veulent redorer leur blason avant les élections législatives prévues le mois prochain et montrer à l’opinion publique israélienne que le Likoud, bien placé dans les sondages, n’a pas le monopole de la fermeté envers les (terroristes) palestiniens. Et tant pis si des civils doivent mourir en raison de ce vil exercice de musculation politicienne !

Je n’éprouve aucune sympathie pour le projet politique réactionnaire du Hamas. Il est malheureusement à craindre que l’actuelle offensive israélienne renforce encore davantage le prestige de cette organisation auprès d’une population martyrisée depuis tant d’années par l’occupation, la colonisation ou, plus récemment, par un embargo meurtrier.

Différentes manifestations ont eu lieu ces derniers jours notamment en Belgique. Il importe de continuer et d’intensifier ces mobilisations de solidarité avec le peuple palestinien !


(1) Chiffres extraits de l’article suivant : http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20090105.FAP6648/gaza_les_roquettes_a_nouveau_au_coeur_du_conflit.html

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La racaille c’est lui !

Publié par carlosmilitant le 4 juin 2008

A l’heure où les médias dominants font l’éloge le plus souvent convenue des « événements » de mai 68 dont ils renvoient généralement une image plutôt aseptisée, il est assez plaisant de voir certaines initiatives en matière de commémoration des quarante ans de mai 68 sortir des sentiers battus. Ainsi, le dernier album de Dominique Grange « 1968-2008…N’effacez pas nos traces ! » sort clairement du lot dans le fatras des souvenirs de mai 68 forts présents dans nos étalages en ce moment, effet de mode oblige. Avec toute la conviction et le talent qui la caractérise, Dominique Grange nous livre sa vision personnelle de l’héritage de mai 68 qu’elle entend contribuer à préserver avec ce disque. Car cet album, illustré de manière magistrale par Tardi (Le cri du peuple,…), se veut une réponse à ceux qui, à l’instar de l’actuel président de la République Française, veulent « tourner la page de mai 68 ». Outre les « événements » précités, l’artiste (très) engagée évoque aussi à travers les chansons de l’album « 1968-2008…N’effacez pas nos traces ! » la Commune de Paris, la dictature de Pinochet et la lutte pour le droit d’asile. A ne surtout pas rater !


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Publié par carlosmilitant le 9 août 2007

Après plusieurs semaines d’absence motivées par une campagne électorale prenante et une après campagne tout aussi prenante, je me décide enfin à reprendre la plume dans mon blog. N’étant plus en « congé » politique pour ce qui est de mes fonctions tant à la FEF qu’au CJEF, j’ai à nouveau un devoir de réserve en ce qui concerne mes prises de positions politiques. Président en exercice du Conseil de la Jeunesse jusqu’en décembre, je me dois d’être prudent dans mon propos pour garantir la neutralité de la fonction. Dès lors, je vais éviter de trop polémiquer sur l’actualité politique belge dans les mois à venir. Je vais plutôt aborder les questions internationales. Pour le reste, je vais clôturer la période « Carlos candidat » en étant super original et en remerciant les 1404 personnes qui ont voté pour moi.

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La démocratie on s’en foot pas!

Publié par carlosmilitant le 4 mai 2007

La Fédération Bruxelloise des Jeunes Socialistes a organisé ce samedi 28 avril une nouvelle édition de la « démocratie on s’en foot pas », activité combinant organisation d’une activité sportive (en l’occurrence un tournoi de mini-foot) et sensibilisation de jeunes à la chose publique. Cette photo a été prise lors de la remise du trophée à l’équipe gagnante.

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