Carlos militant

Archive pour la catégorie ‘France’

La guerre sociale contre les pleins pouvoirs aux marchés?

Publié par carlosmilitant le 26 novembre 2011

Après le printemps arabe porteur de tant d’espoirs d’émancipation, il semble qu’il faille nous résoudre à l’automne technocratique charriant des perspectives de régression sans précédent. Les cas de la Grèce et de l’Italie sont emblématiques de la mise sous tutelle brutale d’états nationaux au profit d’intérêts supranationaux. Des chefs de gouvernements légitimement élus -bien qu’éminemment critiquables- après avoir été contraints de se livrer à d’obscènes séances de danse du ventre devant les marchés, ont été priés de quitter la scène dans le déshonneur le plus complet.

Aujourd’hui la tendance des décideurs en Europe – pour faire court le duo Sarkozy-Merkel et les « experts » dont ils sont les relais-  semble être plutôt à favoriser la cooptation d’anciens de  banques d’affaires style Goldman and Sachs comme premier ministre à l’instar de Mario Monti en Italie que de promouvoir l’avènement de majorités politiques construites autour de dirigeants légitimés par un certain degré d’adhésion populaire à leur programme.

En Belgique aussi, des voix s’élèvent pour évoquer sérieusement la possibilité de mettre en place un gouvernement de technocrates1. D’aucuns spéculent sur la composition de cet exécutif technocratique et imaginent que les Colmant, Noels voire Maystadt (l’ex-politique aujourd’hui auréolé d’une expertise économique) pourraient faire mieux que les négociateurs qui planchent actuellement à la formation d’un gouvernement. Les représentants politiques classiques ne seraient pas en mesure de faire comprendre à leurs administrés qu’ils doivent prendre des mesures « nécessaires » détériorant leurs conditions d’existence et leurs acquis sociaux. Le fastidieux recours au suffrage universel briderait les politiques au moment de prendre des décisions « courageuses » car le peuple ne serait pas en capacité de comprendre le bienfondé des recommandations de la Commission Européenne ou de toute autre caisse de résonance de la pensée unique néolibérale. A l’instar de l’odieux chantage subi par le peuple grec, la tutelle internationale  dispose pourtant de moyens de pression pour imposer les réformes souhaitées mais cela ne semble plus suffire. Dès lors, confier le pouvoir à des « experts » ne devant aucunement rendre compte de leurs actes et passer sous les fourches caudines de l’opinion publique semble la voie toute tracée pour arriver à -Graal ultime- rassurer durablement les marchés. Les arguments de ceux qui appellent à la mise en place de gouvernements technocratiques sont pourtant bien moins originaux qu’inquiétants. Ils sont aussi cyniques et paternalistes que ceux utilisés à d’autres époques pour défendre le suffrage capacitaire ou l’oppression coloniale.

Outre l’antagonisme séculaire entre capital et travail, à l’origine de tant de luttes sociales, et en plus de l’offensive actuelle et très appuyée du patronat et de ses relais politiques, les travailleurs doivent avoir conscience qu’ils sont confrontés à une attaque frontale contre leurs droits civils et politiques que l’on croyait davantage consolidés que les droits économiques et sociaux. Le capitalisme semble être rentré dans une phase d’instabilité où le multipartisme et le parlementarisme qu’il tolérait comme une sorte d’accommodement raisonnable compatible avec le libre marché est au moins transitoirement remis en question. Dès lors, il importe de refuser avec fermeté de baisser la garde devant les velléités de mise en place d’un gouvernement de technocrates qui ne sera rien d’autre que la confiscation du droit de vote par ceux qui détiennent déjà l’essentiel du pouvoir économique. Si ces derniers sont près à aller jusqu’à un coup d’état technocratique dans le but d’imposer les recettes indigestes des pompiers-pyromanes de la finance, alors il faudra se préparer à une riposte d’envergure pour préserver notre modèle social et même le droit à choisir nos dirigeants. Si l’évolution du capitalisme rend définitivement incompatibles le  libre marché et la démocratie représentative alors il faut que les travailleurs en tirent les conclusions. Et il n’est que peu probable qu’elles aillent dans le même sens que celles des détenteurs de capitaux.

1Sans prétendre à l’exhaustivité citons http://www.levif.be/info/actualite/belgique/gouvernement-de-technocrates-pour-la-belgique-maystadt-premier-ministre/article-4000009473536.htm et http://archives.sudpresse.be/t-20111117-H3GXKE-0.jpg.

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Quand les sarkozystes ont du mal à contrôler leurs propres dérapages!

Publié par carlosmilitant le 20 août 2010

La teneur que prend le débat en France sur le sécuritaire ne va pas sans susciter un certain malaise voire une franche indignation. Si l’opposition ainsi que certains acteurs associatifs1 sont particulièrement critiques à l’égard des sorties médiatiques de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, d’autres prennent la défense de l’exécutif français même en Belgique. Claude Demelenne, journaliste se revendiquant de gauche, a publié dans la libre une « opinion » le 9 août dernier2. Dans le texte précité, monsieur Demelenne évoque les mesures proposées  par la droite française. Il n’y voit rien « d’indigne » ou de « scandaleux ». Si son avis est bien évidement respectable, il y a tout de même lieu de se poser les questions suivantes : n’est-il pas indigne pour les élites politiques d’une nation de tenir un propos stigmatisant pour certains groupes de personnes visées directement ou indirectement en raison de leurs origines ethniques et/ou de leur mode de vie? N’est-il pas scandaleux que l’article 1er de la Constitution française qui stipule que la « République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion » soit, au moins dans l’esprit, bafoué par les dirigeants du pays?

Le 30 juillet dernier à Grenoble3, le président français a déclaré la « guerre contre la délinquance ». Certaines formes de délinquance sont particulièrement violentes et les pouvoirs publics doivent garantir la sécurité des citoyens mais les responsables politiques doivent également aménager les conditions du vivre ensemble. Lorsque le président de la République promet la déchéance de la nationalité française à « toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique », il entretient un amalgame douteux entre criminalité et immigration. Le reste de l’intervention présidentielle fait la part belle à certains clichés discutables ( les immigrés illégaux qui abusent de leurs « droits » (sic), la permissivité séculaire envers la délinquance) et aux propositions à la légalité douteuse (engager la responsabilité pénale des parents de jeunes délinquants).

Cette saillie présidentielle n’était qu’une première étape. Des ténors de la majorité ont emprunté la voie de la surenchère à l’instar du ministre Hortefeux qui annonce4 le « démantèlement de camps illégaux de roms », « l’expulsion immédiate de certains délinquants vers la Bulgarie ou la Roumanie » ainsi que …l’envoi de 10 inspecteurs du fisc!!! Cette dernière disposition qui pourrait sembler de prime abord incongrue est ainsi justifiée : « beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en regardant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes ». Monsieur Demelenne n’y verra sans doute pas matière à crier au « racisme et au fascisme renaissant » mais pourra peut être convenir qu’il s’agit bien d’une « pente glissante ». Outre, sur le sort peu enviable que le gouvernement français entend réserver aux gens du voyage, Brice Hortefeux s’est étendu sur les modalités de déchéance de la nationalité française. Il n’a pas manqué d’invoquer une nouvelle fois la figure honnie de Liès Hebbadj, « nouveau français » soupçonné de polygamie, de violences sexuelles et de fraude sociale. Il faut dire que le ministre de l’Intérieur s’est démené pour en faire l’archétype de l’ « étranger » qui menace les valeurs françaises et rend inévitables l’adoption de mesures fortes pour protéger les fondements de la République. Toute proportions gardées, le visage de cet être odieux semble appelé à incarner dans l’imagerie gouvernementale, ce que le « Juif Süss », autre « étranger », violeur et voleur , était à la propagande goebbelsienne. Indubitablement, jeter en pâture à l’opinion publique le nom et le visage d’un individu, innocent jusqu’à preuve du contraire mais « présumé coupable » par le ministre5 en dépit des règles de l’état de droit, relève d’un procédé que l’on pourrait qualifier de totalitaire.

Si la référence au totalitarisme sera sans doute qualifiée de « bêtise sans nom » par monsieur Demelenne, il devra admettre, à la lecture de l’extrait suivant, que la « gauche morale » n’en a plus le monopole. “A six heures du matin, le préfet de Seine-Saint Denis, envoie la police- une police armée jusqu’au dents – pour déloger quelques familles (…) et si les femmes protestent, on les menace de les séparer de leurs enfants” : Ces propos datent d’il y a quelques jours et concernent le démantèlement musclé des camps de roms. Ils sont tenus par Jean-Pierre Grand, député UMP. D’après cet élu, pourtant issu des rangs de la majorité de droite, la politique sécuritaire tourne à “l’ignoble” et les méthodes rappellent “les rafles pendant la guerre”.

En guise de conclusion, ne faudrait-il pas de se poser la question de savoir si « ceux qui ne respectent pas la loi et rendent impossible le vivre ensemble » sont bien ceux qu’on veut nous faire croire ?

1. Notamment la ligue des droits de l’homme, l’union des étudiants juifs de France, SOS racisme.

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La Commune est en lutte/ Et demain nous vaincrons!

Publié par carlosmilitant le 20 mars 2010

Le 18 mars marque la date anniversaire du soulèvement en 1871 de la Commune de Paris. 139 ans après, il convient de s’interroger sur les enseignements que l’on peut en tirer.
L’épisode  de la Commune de Paris constitue un exemple intéressant de comment des élites ont été capables de construire un discours dominant visant à légitimer un système auprès de ceux qui en sont les exclus. En 1871, le peuple de Paris se soulève. Des malheureux partis à l’assaut du ciel, pour reprendre le mot de Karl Marx, bâtirent le premier état ouvrier du monde. Une nouvelle société était en train de naître, au sein de laquelle la misère et l’exploitation seraient proscrites à jamais. Malheureusement le rêve fut bien vite plombé par la mitraille de la soldatesque versaillaise. La violence de la répression de la Commune fut à la hauteur des idéaux qu’elle avait porté. La Commune fédéra contre elle une coalition des nantis de la France de 1871. Le monarchiste Mac-Mahon, le républicain Thiers et même le très vertueux Jules Ferry s’unirent pour massacrer près de 100.000 parisiens coupables de s’être levés pour exiger la justice sociale.
Les vainqueurs voulaient absolument éviter une seconde Commune. Jules Ferry avait compris que l’instruction publique ouverte à tous est aussi un moyen d’inculquer la pensée dominante aux classes populaires. Dès lors, une entreprise de massification de l’enseignement fut entreprise dans les premières années de la troisième République. Les objectifs avoués de démocratisation et de laïcisation des lois de Jules Ferry ne doivent pas faire oublier des desseins beaucoup moins nobles comme faire en sorte que les élèves souscrivent à la défense des  idéaux de la IIIème République et de ses institutions. Toutes les classes sociales devaient se retrouver dans l’universalisme des valeurs promues dans l’école républicaine. L’idéologie de l’universel élaborée par les classes dominantes était supposée gommer les antagonismes entre les groupes sociaux.
Le rôle idéologique de l’école avait été bien appréhendé par les élites de la société qui ont considéré avec justesse que le progressiste Ferry pouvait, bien mieux que les militaires recourant à la force pour maintenir l’ordre ou les religieux enseignant que l’ordre social est la volonté du Tout Puissant, les aider à maintenir leur domination et à éviter que de nouvelles générations de communards viennent remettre le système en question. L’épisode de la Commune sera d’ailleurs pratiquement absent des livres d’histoires hexagonaux pourtant habituellement friands de péripéties révolutionnaires. La  Commune est une histoire honteuse qu’il faut oublier à l’instar des exactions coloniales voire même, dans une certaine mesure, de la collaboration vichyste.
Le propos de l’auteur de ces quelques lignes n’est bien évidemment pas de condamner ou de disqualifier la recherche de la défense du bien commun. L’intérêt de l’exemple de la Commune est plutôt de mettre en garde contre certaines idéologies dominantes qui sous le couvert d’un pseudo-universalisme, vont nier ou minimiser les antagonismes et les divergences d’intérêts entre classes sociales.

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Oui, on peut rire de tout ! Mais pas avec Faurisson et Lepen !

Publié par carlosmilitant le 29 mars 2009

L’humoriste Dieudonné était, ces jours-ci, de passage en Belgique. Comme à son habitude depuis qu’il fait le choix de la provocation systématique et du mauvais goût récurrent, sa visite a suscité la polémique. Son spectacle, initialement annulé, s’est finalement tenu dans une salle finalement comble de Saint-Josse. Que faut-il penser de l’artiste et de ses récentes et nauséabondes frasques ?Je ne peux que condamner le flirt avec l’immonde auquel il semble s’adonner avec délectation depuis quelques années. D’autres humoristes avant lui ont joué, avec, certes, plus de talent, sur la provocation afin de faire passer un message à l’opinion publique. En l’espèce, on est en droit de se demander la teneur exacte du message. Dieudonné prétend vouloir bousculer l’establishment médiatique et dénoncer les tabous. Fort bien. Mais s’afficher au côté de Lepen et Faurisson afin de critiquer leur mise à l’index médiatique n’est ni plus ni moins que faire du prosélytisme philo-nazi. Certains diront sans doute qu’ils ne partage pas nécessairement les idées des infréquentables qu’il prend plaisir à fréquenter voire qu’il n’est qu’un grand naïf instrumentalisé par les partisans lepenistes. Peu m’importe que Dieudonné soit un pitre inconséquent au niveau politique, sa démarche est tout bonnement inacceptable. Vouloir démontrer la partialité des médias ne justifie aucunement le fait d’œuvrer à la visibilité de crapules antisémites et négationnistes comme Lepen ou Faurisson !

Non content d’être devenu un apologiste du négationnisme, Dieudonné contribue à renforcer les amalgames entre l’antisémitisme et le rejet du sionisme comme projet politique. Lors de ses spectacles, il lui est arrivé de recourir au mot sioniste pour désigner une personne de la Communauté juive comme pour entretenir volontairement une malsaine confusion. Cela est d’autant plus lamentable qu’il se prétend défenseur de la cause palestinienne à qui il fait le plus grand tort avec son mauvais humour.

Une chose est sure, il y a longtemps ce sinistre individu a cessé de me faire rire !

 

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Un énorme gâchis pour la Gauche française : Mélenchon opte pour l’aventurisme politique !

Publié par carlosmilitant le 21 novembre 2008

La guerre des clans au sein du PS français a d’ores et déjà provoqué son premier dégât collatéral : le départ du Parti de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis.

Je ne peux que déplorer cette issue funeste pour l’unité de la Gauche française. Le Parti Socialiste d’outre Quiévrain, déjà fragilisé par les querelles intestines que les médias se font un plaisir de relayer abondamment, perd une voix de gauche dont j’avais pu, à de nombreuses reprises, apprécier la pertinence du propos. Si le courant idéologique du PS français dans lequel je me retrouve le plus est celui incarné par Gerard Filoche et ses amis de Démocratie et Socialisme (le lien vers leur site se trouve d’ailleurs depuis longtemps parmi mes favoris), je me suis souvent senti proche des idées défendues par Jean-Luc Mélenchon.

Toutefois, aujourd’hui, je suis plus que sceptique quant à la démarche de Mélenchon et au constat qui la motive. Je vous livre ci-dessous quelques éléments de réflexion en vrac.

Premièrement, je pense que Mélenchon se fourvoie magistralement s’il pense sérieusement copier le succès (relatif) d’Oscar Lafontaine en créant l’équivalent français de Die Linke. Oscar Lafontaine était un ancien président du SPD allemand qui avait occupé de hautes fonctions ministérielles. A ce titre, il avait pu bénéficier d’une visibilité conséquente qui l’a doté d’une certaine assise populaire. Avec tout le respect que j’ai pour Mélenchon, je pense qu’il n’est, à l’heure actuelle, connu que d’une certaine élite politico-médiatique. Il y a fort à parier qu’en dehors de son fief de l’Essonne, il ne pourra pas espérer obtenir des résultats électoraux aussi probants que ceux de Die Linke en Allemagne.

Deuxièmement, par la création de son nouveau parti, Mélenchon contribue à la fragmentation et donc à l’affaiblissement de la Gauche française. Je peux entendre son constat, que je ne partage pas et je vais y venir, suivant lequel il lui était devenu impossible de poursuivre son implication au PS. Toutefois, n’était-il pas plus judicieux pour lui d’aller rejoindre le Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot voire d’essayer de redynamiser et de relancer le PCF ? Scissionite quand tu nous tiens…Par sa décision de repartir à zéro avec une nouvelle formation politique autour de sa personne, Mélenchon apporte également de l’eau au moulin de ceux qui ne voient dans les divisions de la Gauche qu’une fort peu reluisante querelle d’égo.

Troisièmement, l’analyse politique de la situation interne au PS suite au congrès de Reims que le sénateur de l’Essonne et son ami Marc Dolez nous livrent dans leur lettre « Ca suffit comme ça!»[1] est plus que discutable. S’il est clair que les trois motions principales avalisent, à des degrés divers, « l’Europe du Traité de Lisbonne » ou refusent de « mettre en cause le capitalisme », j’ai du mal à distinguer un point de rupture qui rendrait dorénavant inconcevable leur engagement au PS. Je suis d’accord que le traité de Lisbonne, à l’instar du Traité Constitutionnel avorté, se situe dans le droit fil des politiques néolibérales impulsées par l’Union Européenne. Toutefois, dès 1986, avec l’Acte Unique qui levait les entraves à la circulation des marchandises au niveau de la CEE, le ver néolibéral était déjà dans le fruit européen. Sans parler des orientations tout aussi néolibérales que l’on retrouve déjà dans le traité de Maastricht en 1992. Sur le renoncement pour ce qui est de la mise en cause du capitalisme, il faut être de bon compte. Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy, illustres représentants du socialisme français n’ont pas attendu de prendre connaissance de l’issue des débats idéologiques du Congrès de Reims pour prendre la direction du FMI et de l’OMC, fers de lance du capitalisme mondial. S’il y a un renoncement, il ne date pas d’aujourd’hui. Je dois bien avouer que je ne vois donc pas l’intérêt aujourd’hui d’un « clash » sur ces questions avec les courants majoritaires du PS. A contrario, il me semble que la tendance « plus à gauche » du PS français regroupée autour de Benoit Hamon sort renforcée du congrès de Reims avec un soutien inespéré de 19% des militants à sa motion. En quittant le PS, Mélenchon et ses amis amputent donc cette tendance de soutiens précieux dans le cadre des rapports de force internes au Parti. Je trouve que ce départ qu’il n’est pas indécent de qualifier d’aventuriste constitue une erreur stratégique monumentale et surtout un énorme gâchis pour la Gauche française.


(1) http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637

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La racaille c’est lui !

Publié par carlosmilitant le 4 juin 2008

A l’heure où les médias dominants font l’éloge le plus souvent convenue des « événements » de mai 68 dont ils renvoient généralement une image plutôt aseptisée, il est assez plaisant de voir certaines initiatives en matière de commémoration des quarante ans de mai 68 sortir des sentiers battus. Ainsi, le dernier album de Dominique Grange « 1968-2008…N’effacez pas nos traces ! » sort clairement du lot dans le fatras des souvenirs de mai 68 forts présents dans nos étalages en ce moment, effet de mode oblige. Avec toute la conviction et le talent qui la caractérise, Dominique Grange nous livre sa vision personnelle de l’héritage de mai 68 qu’elle entend contribuer à préserver avec ce disque. Car cet album, illustré de manière magistrale par Tardi (Le cri du peuple,…), se veut une réponse à ceux qui, à l’instar de l’actuel président de la République Française, veulent « tourner la page de mai 68 ». Outre les « événements » précités, l’artiste (très) engagée évoque aussi à travers les chansons de l’album « 1968-2008…N’effacez pas nos traces ! » la Commune de Paris, la dictature de Pinochet et la lutte pour le droit d’asile. A ne surtout pas rater !


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Misère de la Philosophie Française

Publié par carlosmilitant le 23 avril 2008

Sans avoir la prétention d’être un critique littéraire, je souhaite écrire quelques mots sur ma dernière lecture. Il s’agit de l’ouvrage intitulé « Ce grand cadavre à la renverse » de Bernard-Henri Levy.


Je dois bien avouer que j’étais assez perplexe devant le positionnement anti-Sarko de celui que Renaud, dont la plume se trempe encore parfois dans le vitriol, appelle le philosophe des beaux quartiers. Contrairement à ses éminents collègues Glucksmann et Finkielkraut qui s’étaient empressés d’aller manger dans les mains du futur président « bling-bling », BHL avait publiquement soutenu Ségolène Royal. On l’avait même aperçu à des meetings de la candidate du PS. Dès lors, j’étais curieux de lire le dernier opus de la cible favorite de notre entarteur national. Surtout en sachant que ce livre se voulait une analyse de l’état actuel de la gauche.

Force est de constater que BHL reste fidèle aux convictions qui sont les siennes depuis des années. L’auteur de « la barbarie à visage humain », ouvrage ou l’URSS était brocardée à l’instar d’une frange importante du socialisme français constitué de zélateurs du marxisme (dans l’ouvrage précité, l’ intellectuel de Saint-Germain-des-prés va jusqu’à qualifier le marxisme d’opium du peuple), reste trente ans plus tard, l’un des thuriféraires les plus en verve du libéralisme. Il fustige la petite gauche révolutionnaire en attente du grand soir qui viendra remettre en question l’ordre libéral établi. Sa démonstration est imparable. Il cite les trois seules révolutions qui trouvent grâce à ses yeux : les révolutions américaine, anglaise et française. Toutes trois d’inspiration libérale, elles ont été porteuses de progrès et de bien-être pour les populations. A titre de contre-exemple, il met en exergue la politique menée par les khmers rouges au Cambodge. Pour BHL, il s’agit de la révolution d’inspiration marxiste la plus aboutie, la plus vraie et la plus pure. Le libéralisme est donc notre horizon politique indépassable puisque les tentatives de concrétiser des utopies révolutionnaires radicales ont entraîné la mise en place de régimes sanguinaires et totalitaires comme celui de Pol Pot . Dans « ce grand cadavre à la renverse », il donne même un nom amusant à sa démonstration : Le théorème du Cambodge. CQFD.

Pour le reste cet ouvrage est une suite de digressions simplistes sur le thème d’une certaine gauche qui s’égare ou qui renie ses convictions fondamentales. A force d’être pro-palestinienne, elle devient islamiste. A se prononcer en faveur du non lors du référendum sur la constitution européenne, elle devient nationaliste. A trop dénoncer le droit d’ingérence des puissances occidentales, elle renonce au combat pour défendre les droits de l’homme partout dans le monde.

Au passage, il égratigne différentes personnalités coupables de ne pas partager son américanophilie. Hugo Chavez dont la rhétorique antilibérale rappelle, d’après le très progressiste épiscopat latino-américain dont le philosophe reprend les paroles à son compte, celle des régimes fascistes et nazis. Michael Moore qui dénonce la politique de l’administration Bush devient un chantre de l’isolationnisme. Pierre Bourdieu dont les théories « enferment » les gens dans des « systèmes » est qualifié de mauvais philosophe. Les mauvaises langues diront que BHL s’y connaît en la matière…

L’intérêt principal de ce livre écrit par quelqu’un qui continue à dire que la gauche est sa famille est donc de pouvoir constater à quel point la gauche est une grande famille …..avec des cousins très éloignés.

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Les filiations de Sarko

Publié par carlosmilitant le 16 avril 2007

Les questions qui seront abordées dans cet espace auront généralement un lien avec des enjeux politiques belges. Il semble toutefois pertinent, au vu de l’actualité, d’impulser dans le premier article de ce blog, une réflexion sur la campagne électorale française.

L’héritage politique de Charles Maurras

A la lecture d’un excellent article d’Edwy Plenel, paru dans le soir du 6 avril dernier, ma conviction suivant laquelle Nicolas Sarkozy n’est pas un candidat de droite comme les autres a été renforcée. En effet, je le savais peu scrupuleux à l’idée d’aller prendre dans le sens du poil les électeurs du Front National, et enclin à avoir recours à un zeste de démagogie pour susciter un certain degré d’adhésion à son discours. Il semblait, toutefois, respecter le cadre de référence républicain, socle de base commun à tous les partis politiques démocratiques en France depuis la libération. Edwy Plenel, journaliste reconnu, fait une comparaison osée entre Sarkozy et Charles Maurras, polémiste réactionnaire influent, anti-dreyfusard notoire et zélateur assumé du Maréchal Pétain. Cela pourrait sembler outrageant pour ceux qui sont convaincus de la respectabilité de l’ancien ministre de l’intérieur. Cependant, il convient de se poser certaines questions. Maurras n’aurait il pas applaudi à l’idée de Sarkozy de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ? Maurras n’aurait il pas encouragé Sarkozy à minimiser les responsabilité de l’Etat français dans la mise en application de la solution finale ? Maurras n’aurait il pas eu une pointe de fierté en voyant Sarkozy se réapproprier le concept de «pays réel », que l’on croyait disparu avec la libération ? Il est clair que poser ces questions c’est déjà y répondre.

La droite… extrême !

Indubitablement, Sarkozy a rompu avec l’héritage historique du gaullisme, qui avait été pour la droite française une sorte de rédemption rendue indispensable pour expier les infamies de la collaboration. Sans conteste, Sarkozy exalte des valeurs nationalistes et identitaires comme l’avaient fait avant lui des gens comme Maurras ou Pétain. Certes, les temps ont changé et ce ne serait que pure démagogie de dire que la victoire de Sarkozy aux présidentielles amènerait à la restauration du régime de Vichy. Dire cela serait aussi ridicule que ne l’étaient les propos de ceux qui, en 1981, à la veille de l’élection à la présidence de Mitterand, soutenaient qu’en cas de victoire du candidat socialiste, les chars de l’armée rouge défileraient bientôt dans les rues de Paris. Toutefois, il est incontestable que Sarkozy a brisé plusieurs tabous existant au sein de sa famille politique et a rendu plus flou les contours de la frontière entre la droite et l’extrême droite en France. La filiation politique entre les idée de Maurras, honni par de Gaulle et la droite républicaine traditionnelle, et une partie de celles de Sarkozy est évidente. Le dialogue indécent entre Le Pen et Sarkozy sur l’air de « je t’aime, moi non plus » de ces derniers jours semble l’attester.

Un vernis de gauche bien léger

Certains diront que Sarkozy puise également certaine de ses références idéologiques à gauche. N’a-t-il pas fait référence à Blum et Jaurès dans certains de ses discours de campagne ? Dans une belle démonstration de cynisme politique et de propension à manipuler l’histoire, il a également exalté la mémoire de Roger Salengro. Attardons nous un peu sur ce dirigeant socialiste et sur son parcours politique. Maire de Lille puis Ministre de l’intérieur sous le gouvernement du front populaire, il sera victime d’un campagne de diffamation et de calomnie sans précédent dans l’histoire politique française orchestrée par la presse de droite et notamment par l’« action française », journal d’un certain…Charles Maurras. Ce dernier accusera, sans aucune preuve, mais avec beaucoup de véhémence, le ministre d’avoir déserté son régiment durant la guerre 14-18. Démentis officiels, commission d’enquête, témoignages d’anciens combattants,….rien ne semble calmer les calomniateurs ! Bien que lavé de tout soupçon, Roger Salengro mettra fin à ses jours le 17 novembre 1936, épuisé par cet harcèlement continu. L’émotion sera forte en France devant ce drame humain causé par un lynchage médiatique, en ce compris dans les rangs de la droite modérée. Il est cependant révélateur de constater que « Gringoire », publication proche de l’ « action française », titrait le lendemain : « Salengro déserte pour la seconde fois… ». Sans commentaires…En utilisant la figure de Salengro pour légitimer les idées que ce dernier a toujours combattues, Nicolas Sarkozy n’a rien fait d’autre que de salir la mémoire d’une figure historique de la gauche française.

Un danger bien réel !

Enfin, pour en finir avec ce billet, je vais peut-être vous surprendre en disant que le grand vainqueur des prochaines élections présidentielles en France est peut être déjà connu. Il pourrait s’agir de… Jean-Marie Le Pen. Il ne sera sans doute pas au second tour mais en trente ans de présence dans la vie politique il aura eu l’occasion de contaminer la société de ses idées haineuses et excluantes. Sarkozy a donné un visage humain au lepénisme, il a favorisé le retour sur la scène politique d’idées que l’on croyait révolues avec la période la plus sombre de l’histoire française. Je souhaite beaucoup de courage aux militants progressistes français dans les temps à venir. Ceux qui, jusqu’en Belgique, ont fait de Nicolas Sarkozy leur champion pourraient bien être choqués par mes critiques sur leur candidat favori. Peu importe, il est essentiel de mobiliser les esprits contre une montée généralisée du populisme en France qui, de surcroît, pourrait à terme dépasser les frontières de l’Hexagone. J’en profite pour saluer la position courageuse de l’éditorialiste du Soir qui, dans l’édition des 14 et 15 avril met en garde contre le danger que constitue le candidat Sarkozy. A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, j’espère modestement avoir contribué à alimenter le débat voire même à faire réfléchir les thuriféraires les moins zélés de Nicolas Sarkozy sur leur adhésion à un projet politique dont la dangerosité semble apparaître de plus en plus au grand jour.

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