L’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis était porteuse de beaucoup d’espoirs au sein de ce qu’il est convenu d’appeler «communauté internationale ». Le nouvel occupant de la Maison Blanche allait devenir un chantre du multilatéralisme et refermer la funeste parenthèse des années « Bush ».
Si quelques signaux positifs ont été envoyés (discours du Caire sur l’Islam, volonté d’apaisement avec l’Iran,…), force est de constater que, dans les faits, l’administration Obama n’a pas marqué une rupture très nette avec la politique étrangère menée par George W. Bush.
Le cas des relations avec l’Amérique Latine est à cet égard intéressant. Cette région du monde est, depuis le mandat du président Monroe qui a légué à la postérité une célèbre doctrine sur la politique américaine dans cette zone, considérée par les État Unis comme une sorte de protectorat.
Ces dernières années avec l’avènement de chefs d’état de gauche dans différents pays d’Amérique Centrale et du Sud, l’influence étasunienne avait été mise à mal. L’Administration Bush avait établi des liens privilégiés avec le président colombien Alvaro Uribe et soutenu activement le volet militaire du plan « Colombie » notamment pour faire contre-poids aux visées anti-impérialistes des Chavez, Correa et autres Morales. Ces derniers voyaient plutôt d’un bon œil l’arrivée du progressiste Obama aux affaires à Washington. La gestion par la diplomatie américaine du coup d’état au Honduras est en train de les faire déchanter.
Alors que, dans un premier temps, le gouvernement américain avait condamné le putsch, Washington a maintenant décidé d’apporter son soutien aux élections présidentielles organisées par les putschistes. La validité de ce scrutin est pourtant contestée par la majorité des états d’Amérique Latine et par l’Espagne. Barack Obama aura beau jeu de prétexter qu’il a été mis devant le fait accompli et qu’en définitive ces élections pouvaient constituer une issue à une situation qui pourrissait depuis des mois. Il n’empêche qu’il aura cautionné la reprise en main du Honduras par son oligarchie alors qu’une plus grande fermeté américaine aurait sans doute permis le retour au pouvoir du président Zelaya.
Ainsi, finalement, la doctrine Monroe reste d’application dans la mesure ou l’influence des États Unis même atténuée reste décisive dans la région. Obama semble l’avoir actualisée en renonçant aux interventions directes et en privilégiant une stratégie du pourrissement en vue de favoriser les intérêts américains en Amérique Latine.
Ceux qui étaient enthousiastes suite à l’élection de Barack Obama doivent commencer à se demander si un homme peut changer un système!

