Carlos militant

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Le deuxième homme qui parlait à l’oreille des riches

Publié par carlosmilitant le 30 septembre 2009

Une fois n’est pas coutume, ma plume volera au secours d’un libéral pas assez souvent reconnu à sa juste valeur par ses contemporains. Il s’agit de Bernard Clerfayt, Bourgmestre empêché de Schaerbeek et Secrétaire d’Etat à la lutte contre la fraude fiscale au sein du Gouvernement Fédéral. D’aucuns ont eu le tort de ne voir en lui que l’heureux bénéficiaire d’un concours de circonstances, à savoir le prodigieux écho de la vox populi (que les esprits chagrins mais pas latinistes pourraient traduire par « voix populiste ») résonnant contre Laurette Onkelinx lors des communales 2006, qui lui a conféré une envergure dont il ne disposait pas jusqu’alors.

Le passage de Bernard Clerfayt ce lundi 28 septembre sur les ondes de la Première m’a conforté dans l’idée qu’il était autre chose que le ponctuel récipiendaire de l’animosité savamment entretenue contre une candidate-bourgmestre dont on craignait le manque de disponibilité inhérent à ses fonctions ministérielles. Sa prestation radiophonique a été éminemment convaincante. Ainsi, il a été particulièrement crédible en grand défenseur de l’écologie plaidant les bienfaits d’une fiscalité environnementale intrinsèquement bénéfique qui aurait de surcroît vocation à supplanter les actuelles très inadéquates modalités d’imposition sur les revenus.

voitures

Laissons un instant l’ironie de côté. En proposant d’augmenter les accises sur les carburants, le maïeur empêché de la Cité des ânes sait que c’est les classes populaires qui seront principalement mises à contribution. Certes, il aura beau jeu de surfer sur la vague écologiste et de dire qu’il ne fait qu’apporter sa modeste contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Il n’empêche que la réalité que Bernard Clerfayt est loin d’ignorer est que ce sont les ménages qui ont les plus faibles revenus qui disposent des véhicules les plus polluants (ils en changent moins souvent et ne disposent pas toujours du capital culturel leur permettant d’être aisément sensibilisés à la nécessité de réduire leur consommation). Par ailleurs, dévoilant sans surprise sa filiation intellectuelle avec Didier Reynders, le Secrétaire d’Etat effectue une charge en règle contre la taxation prétendument trop élevée des revenus du travail.  Ce qu’il oublie sciemment de dire c’est que la progressivité actuelle de l’impôt sur les personnes physiques (les plus haut revenus paient plus d’impôt) constitue une garantie de redistribution des richesses et donc de justice sociale. Ce que le Bourgmestre « en titre » de Schaerbeek  omet de mentionner c’est que les tranches progressives d’imposition des revenus telles qu’elles existent aujourd’hui sont bien moins inégalitaires que d’autres impôts comme la TVA ou les accises. En promouvant la substitution graduelle de la fiscalité sur le travail par la fiscalité environnementale, l’objectif recherché par Bernard Clerfayt est ni plus ni moins de faire glisser une partie de la pression fiscale s’exerçant aujourd’hui sur les hauts revenus vers les moins nantis.

La stratégie du MR est limpide : faire monter Bernard Clerfayt sur l’enjeu de la fiscalité en lieu et place d’un Didier Reynders affaibli (suites du Fortisgate, contestation interne,…). Il faut le dire : le plus libéral des FDF tire plutôt bien son épingle du jeu. En saupoudrant de considérations environnementales les préceptes de son maître à penser en matière de fiscalité, Bernard Clerfayt réussit presque à nous faire prendre des vessies libérales pour des lanternes écologistes. Quel dommage qu’il ne fasse pas beaucoup d’efforts pour être aussi convaincant pour ce qui est de la lutte contre la fraude fiscale, compétence ministérielle pour laquelle il a été jusqu’à  renier l’engagement contracté vis à vis des Schaerbeekois d’être leur bourgmestre à plein temps.

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Le champion de l’éthique contrôlé une nouvelle fois positif: Bernard Clerfayt pris encore en flagrant délit de politicardise !

Publié par carlosmilitant le 24 août 2008

Lors de la campagne électorale pour les élections communales 2006, Bernard Clerfayt avait fait beaucoup d’efforts pour se présenter comme une espèce de candidat anti-establishment. Si cela pouvais paraître curieux pour un bourgmestre sortant, il faut reconnaitre qu’il avait su capitaliser le rejet de l’opinion publique contre ce qui est assimilé à de la politique « politicienne ». Lui, Bernard Clerfayt, prince de la probité, parangon de vertu et champion de l’éthique affrontait Laurette Onkelinx-la-politicarde. Cette dernière était présentée, cela va de soi, comme assoiffée de pouvoir, débordante d’ambition et suintante d’arrivisme ce que ses nombreuses années passées comme Ministre tendaient, bien entendu, à prouver de manière irréfutable. D’ailleurs n’avait-elle pas montré son dédain absolu pour les schaerbeekois en admettant qu’en cas d’élection comme bourgmestre, il était probable qu’elle soit bourgmestre empêchée le temps de terminer son mandat de Vice-Première Ministre ? Et en plus, ignominie absolue, elle n’était même pas 100% schaerbeekoise. La trame bipolarisée et manichéenne de la campagne électorale étant écrite, l’issue fut conforme au scénario rédigé par l’équipe de campagne du Bourgmestre tout comme aux standards du genre dans la mesure où le bien triompha finalement du mal le soir du 8 octobre 2006. Un grand moment de cinéma !

Toutefois, différents événements récents tendent à prouver que Bernard Clerfayt n’est peut être pas l’archange désintéressé de la bonne gouvernance qu’il s’est donné tant de mal à incarner.

Tout d’abord, il y a quelques mois Bernard Clerfayt est devenu bourgmestre…empêché. En effet, il a été appelé pour faire partie du même gouvernement que Laurette Onkelinx ! Certes, en soi, cela n’a rien de répréhensible même si on peut dans ce cas-ci comme dans d’autres se poser la question de la pertinence du cumul des mandats. Néanmoins, quand on a axé partiellement sa campagne sur la perspective sinon l’engagement d’être bourgmestre à plein temps contrairement à sa rivale qui, elle, avait évoqué la probabilité d’être empêchée durant une partie de la législature communale, il devient délicat de se présenter comme le gardien exclusif des intérêts des Schaerbeekois. Peut-on toutefois reprocher à Bernard Clerfayt d’avoir privilégié sa carrière personnelle à la préservation d’une image au demeurant fort surfaite ? D’autres à sa place auraient probablement fait le même choix.

Ensuite, les médias nous ont appris que Bernard Clerfayt n’a pas respecté ses obligations de mandataire public en ne rentrant pas à heure et à temps sa déclaration annuelle de mandats et de patrimoine conformément à la loi en vigueur. Pour s’en défendre, le Secrétaire d’Etat plaide une mémoire défaillante. On peut le croire dans la mesure ou il n’est que peu probable qu’il ait délibérément voulu occulter des mandats ou minimiser un patrimoine. Et, soyons de bon compte, il n’est pas le seul à avoir enfreint la loi.

Il n’empêche que pour bon nombre d’admirateurs de celui qu’ils tenaient pour le pourfendeur attitré de la politicardise, un début de doute doit commencer à s’immiscer. Les thuriféraires de Bernard Clerfayt, certains desquels s’étant fendus à l’époque de divers messages laudateurs1 dont la lecture à posteriori prête à sourire se disent peut être que l’étoile brillant au firmament politique schaerbeekois depuis le 8 octobre 2006 devient un peu pâle ces derniers temps.

L’image d’Épinal de Bernard Clerfayt comme chevalier blanc de la politique semble donc de plus en plus éloignée de la réalité. Peut être que cela aura pour conséquence heureuse l’ouverture, à l’occasion des communales de 2012 d’un réel débat autour de projets différents pour Schaerbeek, nécessité trop souvent laissée au second plan lors du dernier scrutin. Cela permettrait aux électeurs schaerbeekois de faire un choix sur base d’un programme sans risquer d’être dupes d’un bien fragile miroir aux alouettes dont l’inéluctable cassure peut entrainer non pas sept mais bien six ans de malheur.

Je ne puis résister à la tentation de reproduire ici le lien suivant: http://bernardclerfayt.blogspot.com/2006/10/12654-fois-merci.html

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