Carlos militant

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Faut-il brûler la note du formateur?

Publié par carlosmilitant le 5 juillet 2011

L’exercice auquel je m’apprête à me livrer est inconfortable. Il s’agit d’apprécier politiquement du point de vue du militant de gauche que je suis une note de synthèse élaborée par un formateur issu des rangs de mon propre parti et dont la finalité est de servir de base aux discussions entre différents partis en vue d’aboutir à une réforme institutionnelle et à un accord gouvernemental dans le contexte d’une crise de régime. L’utilisation de cette dénomination n’est pas dénuée d’intérêt. J’y reviendrais.

Tout d’abord, je tiens à faire savoir que je suis en total désaccord avec différentes dispositions qui se retrouvent dans la note. En effet, mon attachement viscéral à la défense des intérêts des classes populaires entraîne naturellement mon plus total désaccord avec des propositions visant à limiter ou restreindre le droit à des revenus de remplacement décents, le droit à la retraite anticipée ou l’accès pour les migrants à la citoyenneté pleine et entière. D’autres dispositions me semblent particulièrement critiquables comme le renforcement du deuxième et troisième pilier de pensions, le blocage pendant deux ans du salaire des fonctionnaires et la réduction de la norme de croissance des soins de santé.

Toutefois, il faut relever la volonté réelle de recherche de consensus qui a manifestement présidé à l’élaboration de la note. La note est écrite de manière à ce que chaque formation politique autour de la table réalise qu’elle  a beaucoup à perdre en rejetant la note. Ainsi, même en se plaçant dans une optique résolument progressiste, diverses mesures proposées par le formateur comme l’augmentation de la taxation sur le capital, le recalibrage des intérêts notionnels ou la revalorisation des allocations sociales sont nettement positives.

Comment se positionner vis à vis de la note à ce stade? Clairement dans une situation habituelle, si un accord de majorité auquel le PS participe reprenait certains éléments inacceptables précités, j’appellerais publiquement à rejeter la participation au gouvernement. Cependant, il convient de rappeler qu’il s’agit d’un document de négociation, élaboré en vue de relancer des discussions à ce jour au point mort et non d’une déclaration de politique gouvernementale aboutie qui balisera l’action du pouvoir exécutif. La différence est de taille car le contenu n’est pas encore figé. Ce document est une base de travail qui sera susceptible de fluctuer sensiblement en fonction du rapport de force politique. Dès lors, il est impératif que les organisations syndicales se préparent à faire monter la pression dans le cadre de la rentrée sociale pour peser sur le débat (particulièrement en Flandre) en vue de garantir des avancées substantielles dans le texte verrouillé que constituerait la déclaration de politique gouvernementale. Refuser la discussion, faire capoter l’actuel processus et retourner en septembre devant les électeurs cela aura pour conséquences vraisemblables de renforcer encore plus les forces réactionnaires en Flandre et de complexifier encore plus la donne. En ce qui me concerne, je ne pense donc pas qu’il faille rejeter en tant que tel le document proposé par Elio Di Rupo.

Indubitablement construite autour des priorités de différentes formations aux visions de société plus que divergentes, il s’agit d’une note qui peut préfigurer un accord gouvernemental d’union nationale dont l’avènement est peut être aujourd’hui rendu nécessaire par la crise institutionnelle et politique majeure que connait la Belgique aujourd’hui. Je n’ai pas réussi à me procurer l’accord de gouvernement de l’exécutif Van Acker I (février -Août 45) qui a eu à gérer une période difficile au sortir de la seconde guerre mondiale. Je fais néanmoins l’hypothèse que ses composantes libérales, catholiques, communistes et socialistes ne devaient pas avoir facile à construire et mettre en œuvre un projet commun. Les commentateurs qui se plaisent tant à expliquer à Elio Di Rupo qu’il doit s’inspirer de Blair ou de Schroder devraient davantage s’intéresser au travail d’un Achille Van Acker qui fédéra autour de lui l’ensemble des forces politiques du pays et géra de front la question royale et la relance économique. La référence me paraît plus porteuse mais ce n’est que mon humble avis.

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7 juin 2009 : Victoire de la Gauche ou défaite des sondeurs/faiseurs d’opinion(s) ?

Publié par carlosmilitant le 9 juin 2009

Les éditorialistes les plus antisocialistes ont dû tomber de haut dimanche soir. Alors qu’ils s’apprêtaient vraisemblablement à recueillir les fruits de leur minutieux travail de vitriolage du PS et qu’ils étaient peut-être en train de préparer les manchettes du lendemain en hésitant entre des jeux de mots éculés comme «la chute finale» ou des expressions allégoriques convenues comme «le PS balayé par un tsunami électoral», l’annonce des premiers résultats du scrutin a dû leur faire l’effet d’une fort peu agréable douche froide. Le Parti Socialiste, frappé d’anathème médiatico-politique, ne pouvait que connaître les affres d’une défaite électorale annoncée. In fine, les infréquentables sont presque devenus des incontournables.

Différents enseignements sont à tirer de ces récentes élections.

Tout d’abord, l’effondrement global de la social-démocratie européenne. Il est clair que dans ce contexte, le PS belge francophone fait figure d’exception. Soit plombé par les dissensions internes à l’instar du PS français, soit dans un état de dégénérescence idéologique avancée comme le New Labour anglais, les partis socio-démocrates d’Europe sont, pour la grande majorité d’entre eux, bien mal en point. Je suis convaincu qu’il est impératif pour les socialistes de prendre leurs distances avec une certaine forme d’européanocentrisme et de puiser davantage leur inspiration dans les politiques socialistes impulsées notamment en Amérique Latine. Si ce n’est pas vraiment l’objet du présent post, j’espère avoir l’occasion d’approfondir cette question prochainement dans le présent blog.

Ensuite, je ne peux que me réjouir de la disparition du Front National de la carte électorale de la Communauté française combinée aux mauvais résultats du Vlaams Belang au nord du pays. L’extrême droite connaît donc un recul significatif en Belgique. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la droite extrême est également en perte de vitesse au Parlement de la Région Bruxelloise puisque ni le Vicomte de Jonghe D’Ardoye (MR) ni le Prince de Lobkowitz (CDH) ne sont réélus.

Enfin, si Ecolo enregistre une grande percée, le PS fait mieux que se défendre en se maintenant comme premier parti en Communauté française. Le MR tente de faire illusion et de minimiser sa défaite en ressassant le fait qu’il récupère la première place à Bruxelles. Toutefois, ce serait faire offense à la vérité que d’omettre de relever que le MR bruxellois perd encore un siège par rapport au scrutin de 2004 où il avait réalisé un score historiquement bas. Globalement, la gauche parlementaire sort renforcée de ces élections. PS et Ecolo (malgré la volonté de la direction de ratisser politiquement le plus large possible, je reste intimement convaincu qu’à tout le moins la base d’Ecolo reste plutôt à gauche) ensemble progressent de 6 sièges en Wallonie et de 7 à Bruxelles. Loin de moi l’idée, en tant que membre du Parti Socialiste, de récupérer la belle victoire des écolos mais je me devais de souligner, en tant que militant progressiste, le fait que le cœur des électeurs de Communauté française reste bien à gauche.

Pour conclure, je dirai qu’on a pu constater, lors de ce récent scrutin, que la multiplication des sondages d’opinions défavorables peut parfois entraîner un sursaut favorable des sondés en faveur du parti qui est dans le collimateur médiatique. Leçon à retenir pour les faiseurs et/ou défaiseurs d’opinion…

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