Carlos militant

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La Commune est en lutte/ Et demain nous vaincrons!

Publié par carlosmilitant le 20 mars 2010

Le 18 mars marque la date anniversaire du soulèvement en 1871 de la Commune de Paris. 139 ans après, il convient de s’interroger sur les enseignements que l’on peut en tirer.
L’épisode  de la Commune de Paris constitue un exemple intéressant de comment des élites ont été capables de construire un discours dominant visant à légitimer un système auprès de ceux qui en sont les exclus. En 1871, le peuple de Paris se soulève. Des malheureux partis à l’assaut du ciel, pour reprendre le mot de Karl Marx, bâtirent le premier état ouvrier du monde. Une nouvelle société était en train de naître, au sein de laquelle la misère et l’exploitation seraient proscrites à jamais. Malheureusement le rêve fut bien vite plombé par la mitraille de la soldatesque versaillaise. La violence de la répression de la Commune fut à la hauteur des idéaux qu’elle avait porté. La Commune fédéra contre elle une coalition des nantis de la France de 1871. Le monarchiste Mac-Mahon, le républicain Thiers et même le très vertueux Jules Ferry s’unirent pour massacrer près de 100.000 parisiens coupables de s’être levés pour exiger la justice sociale.
Les vainqueurs voulaient absolument éviter une seconde Commune. Jules Ferry avait compris que l’instruction publique ouverte à tous est aussi un moyen d’inculquer la pensée dominante aux classes populaires. Dès lors, une entreprise de massification de l’enseignement fut entreprise dans les premières années de la troisième République. Les objectifs avoués de démocratisation et de laïcisation des lois de Jules Ferry ne doivent pas faire oublier des desseins beaucoup moins nobles comme faire en sorte que les élèves souscrivent à la défense des  idéaux de la IIIème République et de ses institutions. Toutes les classes sociales devaient se retrouver dans l’universalisme des valeurs promues dans l’école républicaine. L’idéologie de l’universel élaborée par les classes dominantes était supposée gommer les antagonismes entre les groupes sociaux.
Le rôle idéologique de l’école avait été bien appréhendé par les élites de la société qui ont considéré avec justesse que le progressiste Ferry pouvait, bien mieux que les militaires recourant à la force pour maintenir l’ordre ou les religieux enseignant que l’ordre social est la volonté du Tout Puissant, les aider à maintenir leur domination et à éviter que de nouvelles générations de communards viennent remettre le système en question. L’épisode de la Commune sera d’ailleurs pratiquement absent des livres d’histoires hexagonaux pourtant habituellement friands de péripéties révolutionnaires. La  Commune est une histoire honteuse qu’il faut oublier à l’instar des exactions coloniales voire même, dans une certaine mesure, de la collaboration vichyste.
Le propos de l’auteur de ces quelques lignes n’est bien évidemment pas de condamner ou de disqualifier la recherche de la défense du bien commun. L’intérêt de l’exemple de la Commune est plutôt de mettre en garde contre certaines idéologies dominantes qui sous le couvert d’un pseudo-universalisme, vont nier ou minimiser les antagonismes et les divergences d’intérêts entre classes sociales.

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Les filiations de Sarko

Publié par carlosmilitant le 16 avril 2007

Les questions qui seront abordées dans cet espace auront généralement un lien avec des enjeux politiques belges. Il semble toutefois pertinent, au vu de l’actualité, d’impulser dans le premier article de ce blog, une réflexion sur la campagne électorale française.

L’héritage politique de Charles Maurras

A la lecture d’un excellent article d’Edwy Plenel, paru dans le soir du 6 avril dernier, ma conviction suivant laquelle Nicolas Sarkozy n’est pas un candidat de droite comme les autres a été renforcée. En effet, je le savais peu scrupuleux à l’idée d’aller prendre dans le sens du poil les électeurs du Front National, et enclin à avoir recours à un zeste de démagogie pour susciter un certain degré d’adhésion à son discours. Il semblait, toutefois, respecter le cadre de référence républicain, socle de base commun à tous les partis politiques démocratiques en France depuis la libération. Edwy Plenel, journaliste reconnu, fait une comparaison osée entre Sarkozy et Charles Maurras, polémiste réactionnaire influent, anti-dreyfusard notoire et zélateur assumé du Maréchal Pétain. Cela pourrait sembler outrageant pour ceux qui sont convaincus de la respectabilité de l’ancien ministre de l’intérieur. Cependant, il convient de se poser certaines questions. Maurras n’aurait il pas applaudi à l’idée de Sarkozy de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ? Maurras n’aurait il pas encouragé Sarkozy à minimiser les responsabilité de l’Etat français dans la mise en application de la solution finale ? Maurras n’aurait il pas eu une pointe de fierté en voyant Sarkozy se réapproprier le concept de «pays réel », que l’on croyait disparu avec la libération ? Il est clair que poser ces questions c’est déjà y répondre.

La droite… extrême !

Indubitablement, Sarkozy a rompu avec l’héritage historique du gaullisme, qui avait été pour la droite française une sorte de rédemption rendue indispensable pour expier les infamies de la collaboration. Sans conteste, Sarkozy exalte des valeurs nationalistes et identitaires comme l’avaient fait avant lui des gens comme Maurras ou Pétain. Certes, les temps ont changé et ce ne serait que pure démagogie de dire que la victoire de Sarkozy aux présidentielles amènerait à la restauration du régime de Vichy. Dire cela serait aussi ridicule que ne l’étaient les propos de ceux qui, en 1981, à la veille de l’élection à la présidence de Mitterand, soutenaient qu’en cas de victoire du candidat socialiste, les chars de l’armée rouge défileraient bientôt dans les rues de Paris. Toutefois, il est incontestable que Sarkozy a brisé plusieurs tabous existant au sein de sa famille politique et a rendu plus flou les contours de la frontière entre la droite et l’extrême droite en France. La filiation politique entre les idée de Maurras, honni par de Gaulle et la droite républicaine traditionnelle, et une partie de celles de Sarkozy est évidente. Le dialogue indécent entre Le Pen et Sarkozy sur l’air de « je t’aime, moi non plus » de ces derniers jours semble l’attester.

Un vernis de gauche bien léger

Certains diront que Sarkozy puise également certaine de ses références idéologiques à gauche. N’a-t-il pas fait référence à Blum et Jaurès dans certains de ses discours de campagne ? Dans une belle démonstration de cynisme politique et de propension à manipuler l’histoire, il a également exalté la mémoire de Roger Salengro. Attardons nous un peu sur ce dirigeant socialiste et sur son parcours politique. Maire de Lille puis Ministre de l’intérieur sous le gouvernement du front populaire, il sera victime d’un campagne de diffamation et de calomnie sans précédent dans l’histoire politique française orchestrée par la presse de droite et notamment par l’« action française », journal d’un certain…Charles Maurras. Ce dernier accusera, sans aucune preuve, mais avec beaucoup de véhémence, le ministre d’avoir déserté son régiment durant la guerre 14-18. Démentis officiels, commission d’enquête, témoignages d’anciens combattants,….rien ne semble calmer les calomniateurs ! Bien que lavé de tout soupçon, Roger Salengro mettra fin à ses jours le 17 novembre 1936, épuisé par cet harcèlement continu. L’émotion sera forte en France devant ce drame humain causé par un lynchage médiatique, en ce compris dans les rangs de la droite modérée. Il est cependant révélateur de constater que « Gringoire », publication proche de l’ « action française », titrait le lendemain : « Salengro déserte pour la seconde fois… ». Sans commentaires…En utilisant la figure de Salengro pour légitimer les idées que ce dernier a toujours combattues, Nicolas Sarkozy n’a rien fait d’autre que de salir la mémoire d’une figure historique de la gauche française.

Un danger bien réel !

Enfin, pour en finir avec ce billet, je vais peut-être vous surprendre en disant que le grand vainqueur des prochaines élections présidentielles en France est peut être déjà connu. Il pourrait s’agir de… Jean-Marie Le Pen. Il ne sera sans doute pas au second tour mais en trente ans de présence dans la vie politique il aura eu l’occasion de contaminer la société de ses idées haineuses et excluantes. Sarkozy a donné un visage humain au lepénisme, il a favorisé le retour sur la scène politique d’idées que l’on croyait révolues avec la période la plus sombre de l’histoire française. Je souhaite beaucoup de courage aux militants progressistes français dans les temps à venir. Ceux qui, jusqu’en Belgique, ont fait de Nicolas Sarkozy leur champion pourraient bien être choqués par mes critiques sur leur candidat favori. Peu importe, il est essentiel de mobiliser les esprits contre une montée généralisée du populisme en France qui, de surcroît, pourrait à terme dépasser les frontières de l’Hexagone. J’en profite pour saluer la position courageuse de l’éditorialiste du Soir qui, dans l’édition des 14 et 15 avril met en garde contre le danger que constitue le candidat Sarkozy. A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, j’espère modestement avoir contribué à alimenter le débat voire même à faire réfléchir les thuriféraires les moins zélés de Nicolas Sarkozy sur leur adhésion à un projet politique dont la dangerosité semble apparaître de plus en plus au grand jour.

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